Journal d’un CUTien à Cannes (saison 6, ép.11)

26 Mai
Et ma bouche refaite, tu l'aimes ma bouche refaite ?

Et mon nez refait, tu l’aimes ma bouche refaite ?

C’est le début de la fin pour le festival et le dernier film de la Compétition est présenté comme il se doit le samedi matin, à 8h30. C’est relativement usé que j’aborde donc la projection de La Vénus à la fourrure de Roman Polanski. La fatigue se dissipe pourtant assez vite tant le dernier film du réalisateur de Chinatown est stimulant.

En construisant un huis-clos théâtral dans lequel s’affrontent pendant une heure et demie Emmanuelle Seigner et Mathieu Amalric, le cinéaste livre un concentré malicieux des grands thèmes et des grandes figures de son cinéma. Il est également émouvant de voir Emmanuelle Seigner grandir avec son cinéaste de prédilection et sa prestation jouissive participe de beaucoup au plaisir qu’on prend à la vision du film.

Le plaisir est beaucoup moins présent lors de la présentation de Only Lovers Left Alive, de Jim Jarmusch, également en Compétition. A travers une histoire de vampires extrêmement cultivés, le cinéaste livre lui aussi une oeuvre caractéristique de son cinéma. Malheureusement, le réalisateur donne de plus en plus le sentiment de se regarder filmer et son dernier long métrage ressemble un peu à un exemplaire animé d’un bon vieux Lagarde et Michard. Sont en effet passés en revue les livres qu’il faut lire et les musiques qu’il faut aimer pour appartenir à la petite secte des gens de bon goût. Cet étalage un peu fatiguant de culture plombe le film qui ne démarre jamais vraiment et on reste de marbre devant des images d’une grande beauté où évolue un casting sexy et distant.

Malgré les quelques nouveautés présentées encore dans quelques salles, je décide de faire ma première incursion à Cannes Classic cette année pour assister à la projection de Sueurs froides, d’Alfred Hitchcock, en présence de Kim Novak. On ne va pas reparler ici du meilleur film du monde (dixit le classement décénnal de Sight and Sound) mais juste affirmer que son influence est toujours aussi vivante dans le cinéma contemporain. En témoigne le magnifique Vie d’Adèle, d’Abdellatif Kechiche, avec sa construction en deux parties, son héroïne qui change de couleur de cheveux entre les deux, et une scène de baiser passionné où le temps et l’espace semblent totalement abolis. Hitchcock est toujours vivant et Kechiche est peut être bien l’un de ses disciples.

Malgré ma volonté de faire un double programme Hitchcock, le froid m’empêche de revoir en entier Les oiseaux au Cinéma de la Plage. Tant pis, il ne me reste plus qu’à faire la fête jusqu’au bout de la nuit.

On ne se quitte pas vraiment puisque le palmarès arrive dans quelques minutes. A tout bientôt, donc, comme on dit dans les milieux autorisés.

François-Xavier Taboni

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