[à l’affiche :] L’ULTIMATUM DES TROIS MERCENAIRES – Robert Aldrich

3 Juin
Comme à chaque fois, Rachida Dati est en retard pour la réunion du jour.

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Dans le cadre d’une rétrospective Burt Lancaster, il est possible de découvrir (plutôt que redécouvrir) L’ulltimatum des trois mercenaires, l’un des derniers films de Robert Aldrich. Lors de sa sortie en salle en 1977, le film avait en effet été amputé d’une heure de métrage, dans un souci de rythme et après un début d’exploitation laborieux.

Ce récit d’espionnage très ambitieux mais narrativement cloisonné s’étend à présent sur 144 minutes, avec de longs tunnels de dialogues et des enjeux qui se révèlent tardivement. Au delà de sa rareté, le film a des qualités cinématographiques, tout autant qu’un intérêt historique.

Robert Aldrich est alors un vétéran de la mise en scène, au sommet depuis les années 50. Il a été un précurseur de la violence au sein du western avec Vera Cruz, il a repoussé les limites du film noir avec En quatrième vitesse, il a pris part à la satire Hollywoodienne avec Baby Jane ou Le grand couteau. Plus encore que Fleischer, Aldrich est un artisan de luxe, un cinéaste méconnu qui imprime une patte particulière à chacune de ses œuvres, ce peu importe le genre abordé.

En fin de carrière pour cet Ultimatum, il bénéficie d’un casting monumental, et dirige des  légendes de l’âge d’or comme Lancaster, Joseph Cotten, Richard Widmark ou Charles Mc Graw. Il s’offre l’establishment hollywoodien, et se montre pourtant tout à fait perméable aux influences, tant graphiques que thématiques, de son époque.

Sous couvert d’un thriller d’espionnage pour vieilles gloires, L’ultimatum des trois mercenaires est une œuvre libertaire et désabusée, imprégnée de la contestation post-Vietnam, marquée par un désaveu des institutions propre aux années 70. Et le vieux cinéaste ne se contente pas de s’inscrire dans le sillage moral du Nouvel Hollywood. Il en épouse également les gimmicks visuels.

On pourra ainsi relever un usage soutenu du split-screen, méthode moderne pour multiplier les points de vue sur une même action et les discours sur un même récit. C’est pour cette dualité que le film s’avère passionnant. Ce devait être un œuvre crépusculaire pour un cinéaste en bout de course, un chant du cygne pour des comédiens appelés à faire de la figuration.

L’ultimatum des trois mercenaires est toutefois bien plus qu’un simple requiem.

Greg Lauert

L’ULTIMATUM DES TROIS MERCENAIRES de Robert Aldrich // Avec Burt Lancaster, Joseph Cotten, Richard Widmark, Charles Mc Graw // Actuellement en salles – 2h24

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