[dvd :] LE SANG DU VAMPIRE – Henry Cass

6 Juin
Artus Films

Artus Films

Titre trompeur pour ce petit classique qui fait partie de la salve d’inauguration de la collection British horror d’Artus films. De vampire au sens strict, il n’est en effet point question ici. Le Dr John Pierre, jeune et fringant médecin à l’ouverture d’esprit un peu trop large pour son temps (l’action se situe en 1874, en Transylvanie), est condamné à la prison à vie pour avoir tenté de pratiquer une transfusion sanguine sur un patient qui n’y a pas survécu. Il se voit enfermer dans l’asile pour fous dangereux dirigé par le mystérieux Dr Calistratus. John Pierre apprend vite que ce dernier s’est arrangé pour le faire interner dans son établissement et qu’il utilise les prisonniers comme cobayes pour des recherches bien particulières… sur la transfusion sanguine.

Le sang du vampire est, avec Jack l’éventreur et L’impasse aux violences, l’un des trois films d’horreur produit par le duo Robert S. Baker et Monty Berman. Tournés en deux versions – l’une sage, l’autre corsée pour l’époque niveau sexe et violence – les films ont autant marqués les esprits de ceux qui en avaient vu les versions complètes que la boite à fantasme des cinéphiles qui n’en avaient vu que les montages allégés.

En ce qui concerne l’œuvre qui nous intéresse aujourd’hui, la version intégrale n’avait pas été visible depuis son édition en VHS dans la chouette collection Fantastic vidéo au début des années 1980, la ressortie chez Fil à film ne contenant que la version expurgée. Artus nous gratifie bien entendu aujourd’hui d’une version complète que l’on a cru un moment perdue, expliquant quelques changements de formats et de qualité durant la projection. Deux minutes de pure exploitation, parfois en contradiction avec le scénario (la demi-douzaine de donzelles aux décolletés spectaculaires que l’on découvre attachées dans les sous-sols du pénitencier alors que Calistratus affirmait deux scènes plus tôt qu’il ne possédait pas de sujets féminins pour ses expériences), qui ont beaucoup fait pour la réputation du film.

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Bien écrit (par Jimmy Sangster, le scénariste vedette de la Hammer films), bénéficiant de personnages parfois passionnants (Karl, l’âme damné défigurée de Calistratus, tueur implacable mais aussi homme tourmenté et cœur d’artichaut ; Kurt, le compagnon de cellule de John Pierre ; mis de côté après qu’un notable lui ait piqué sa femme), doté d’une ambiance bien travaillée et d’un rythme sans temps mort, Le sang du vampire n’a cependant nullement besoin de se reposer sur ces séquences sulfureuses pour exister. Il constitue une vraie réussite du cinéma britannique de la fin des 50’s. Il est aussi une nouvelle occasion de s’émerveiller devant la bénédiction des dieux du cinématographe dont jouit le fantastique anglais de la fin des années 1950 au début des années 1970. Jimmy Sangster tint toujours son travail de scénariste comme purement alimentaire, Berman et Baker – et Alain Petit revient dessus dans les suppléments du DVD – considéraient leurs productions comme de la pure exploitation, des acteurs comme Peter Cushing et Christopher Lee devinrent des stars de l’épouvante alors qu’ils ne rêvaient que de faire autre chose, l’industrie du cinoche anglais toute entière se retrouva embringuer dans ce courant horrifique comme on cueillerait des choux, à la suite d’un succès commercial que personne n’attendait… et pourtant les films étaient bons et tiennent toujours la route aujourd’hui !

Mathias Ulrich

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