[dvd :] LA NUIT DES MALEFICES – Piers Haggard

7 Juin
Artus films

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Au 18ème siècle, dans la campagne anglaise, un jeune paysan découvre un crâne monstrueux en décomposition alors qu’il laboure un champ. Les événements anormaux ne tardent pas à se succéder dans le village : accès subit de folie, automutilations, apparition de marques sur le corps des jeunes gens qui se comportent de manière de plus en plus inquiétante, morts violentes, etc.

Avec le passage des années 1960 à 1970, la conception très cup of tea du cinéma d’horreur britannique, marqué par la signature esthétique très forte des films de la Hammer, prend soudainement un vilain coup de vieux et il devient inévitable pour les studios d’injecter un peu de sang frais (en faisant appel à des scénaristes et réalisateurs plus frais que les vieux routiers habituellement employés ou en sortant de décors de studio devenus poussiéreux) pour continuer à surprendre le public.

Une représentation plus crue de la violence et de la sexualité est désormais acceptée. La nuit des morts-vivants de George A. Romero s’est imposé avec un traitement réaliste de l’horreur. Le flower power est également passé par là. Tout est allé trop vite pour l’industrie anglaise qui, de novatrice une dizaine d’années plus tôt, est devenu un peu vieillotte.

La nuit des maléfices, peut être le film le plus passionnant de l’éphémère compagnie Tigon (une douzaine de productions entre 1968 et 1972), constitue l’une des œuvres les plus surprenantes à être sorties dans ce contexte. Au sein d’un scénario par ailleurs assez classique, par moments même conservateur (sorcellerie, messes noires, retour du démon sur terre, destruction de ce dernier – avec une facilité déconcertante, d’où l’inconséquence de ce spoiler – par la plus haute autorité du village, enfants tueurs, etc.), le film de Piers Haggard ne cesse de surprendre.

01Une bonne partie de l’action se situe en extérieur, dans une campagne baignée de soleil et quasi-idyllique. L’absence de personnages principaux a également de quoi désarçonner. D’autant que, dans la multitude de protagonistes, la part belle est accordée aux petites gens, dans un genre où les héros sont généralement des aristocrates ou des bourgeois. Ici, c’est l’aspect païen (dans l’aspect villageois comme dans la représentation d’un démon archaïque qui semble remonter à Mathusalem) qui prédomine et on est assez loin de la description du bien et du mal axé sur les mythologies chrétiennes à l’œuvre dans les films de la Hammer. Le côté presque naturaliste du traitement, qui peut aboutir à des passages très crus (une messe noire qui dégénère en un viol et une mise à mort particulièrement éprouvants, notamment), est également très éloigné de l’ambiance de studio un rien empesée à laquelle l’horreur à l’anglaise nous a habitué.

La nuit des maléfices s’impose au final comme une des plus jolies réussites tardives (comprendre tournées après les années 1960) du fantastique britannique. Intervention d’Alain Petit, bandes annonces et – surprise – un court métrage réalisé par Thierry Lopez, cofondateur d’Artus films, complètent cette édition DVD.

Mathias Ulrich

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