[dvd:] LEOLO – Jean-Claude Lauzon

16 Juil
Ed. Artus films

Ed. Artus films

Second et dernier film réalisé par Jean-Claude Lauzon, qui décédera dans un crash aérien cinq ans plus tard, Léolo est une curiosité qui manie avec brio l’art du grand écart cinématographique. Régulièrement à deux doigts de tomber dans le mauvais goût le plus complet ou (pire encore) dans une inspiration populiste farfelue des plus banal, le film se rattrape systématiquement aux branches d’un imaginaire qui frise parfois le sublime.

On y suit – dans une construction en flah backs alambiqué – le petit Léo Lauzon, mal né au sein d’une famille de la classe ouvrière québécoise dont presque chaque membre fait des séjours réguliers en HP et où l’on est convaincu qu’une bonne santé découle forcément d’une saine et régulière évacuation. Prise de laxatif et « Fais comme maman, mon chéri, pousse ! » sont donc le quotidien du pauvre Léo qui, pour ne pas sombrer dans la folie à son tour, se réfugie dans ses rêves, s’invente des origines différentes de la morne réalité.

Ce qui marque avant tout dans Léolo – et qui fait sa réussite – c’est que les personnages étranges et les moments les plus cocasses (les tentatives d’homicide entre membres de la famille !) ne sont là que pour accompagner l’apprentissage douloureux que Léo va faire de l’existence. C’est à dire que le pittoresque n’est pas une fin en soi mais juste un élément d’un décor qui, entre pauvreté et folie, n’est pas sans évoquer les récits d’enfance de John Fante ou Charles Bukowski. Il ne masque pas non plus la tristesse qui émane de l’ensemble (même si l’on reste dans une comédie !).

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Que sont les muses et idoles d’un petit garçon quand il les regarde de plus près ? La belle Bianca, dont Léo est amoureux, se laisse tripoter par le grand-père contre rémunération, Fernand, le grand frère, ne dédie chaque instant de sa vie au culturisme (réalité peu explorée au cinéma du monde du body buiding, il est constamment vissé à son mixeur, à se préparer des cocktails protéiniques) que pour fuir la frousse qui lui tenaille les tripes. Au sein de cet univers, Léo, malgré tous ses efforts, n’échappera peut être pas bien longtemps à une hérédité trop lourde à porter.

Pas d’autre supplément que la bande annonce à se mettre sous la dent. Dommage, mais enfin, le film se suffit à lui-même, comme l’on dit dans ses cas-là…

Mathias Ulrich

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