[dvd:] LES NUAGES AMERICAINS – Joseph Morder

25 Août
Ed. L'Harmattan

Ed. L’Harmattan

En 1967, Joseph Morder commence à filmer des moments de sa vie en Super8 . Il ne s’arrêtera jamais, cumulant ainsi quelque 200 heures de pellicules, puis de fichiers numériques. De cette somme réalisée quasiment en tourné-monté, il a tiré plusieurs épisodes emblématiques, dont Les Nuages américains (journal filmé neuf), qui retrace un voyage fait notamment aux Etats-Unis en 1982.

Très rapidement, le cinéaste comprend que ce qu’il met sur pellicule n’est pas son existence tel quelle est, mais bien une vision de celle-ci, une reconstruction, un récit, presque une fiction. De cette œuvre artisanale, bien loin de l’industrie du cinéma, il obtient un objet qui échappe à toute idée commerciale. Mieux, son travail s’affranchit de tous les codes de narration. Conçu dès la fin des années 1960, il relève plus de la Nouvelle Vague ou du Nouveau Roman en littérature que des canons des grands studios. En ce sens, Joseph Morder a créé une œuvre d’art, qui aurait toute sa place dans les centres d’art moderne. Pour lui, d’ailleurs, créer est un mode de vie et la forme du journal son expression principale. Son journal vidéo se double ainsi d’un journal photos et d’une chronique écrite. Les Nuages Américains ne sont qu’un aperçu de son travail.

A l’écran, les images illustrent le plus souvent des situations et des ambiances plus que des faits. La voix narrative de Joseph Morder, omniprésente, souligne les interrogations existentielles du voyageur, teintées d’une certaine saudade à l’Occidentale. Amitié, amour, rencontres, doutes, deuil, absence, solitude : la vie défile. Respectant le principe de la chronologie, Joseph Morder donne à voir l’évolution des techniques, passant du Super8 au Super8 sonore et aux prises de son directes. Il montre aussi, presque sans le vouloir, l’ambiance d’une époque, ce début des années 1980. A Los Angeles, puis au Texas ou sur les lieux de tournage des films d’Hitchcock (Psychose, Les Oiseaux, Vertigo), à Naples également, il transcrit l’image d’une errance, une quête qui ne trouve jamais de réponses. Le journal de Joseph Morder n’est pas fait pour apporter des réponses, ou servir de sèche biographie, il pose inlassablement des questions sur le fait d’exister, et ses inévitables conséquences. Du grand art.

FM

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