[dvd :] LA CHATELAINE DE LA PLACE – Joseph Morder

2 Sep
Ed. L'Harmattan

Ed. L’Harmattan

Le 16e volet de la collection D’un cinéma l’autre, édité par L’Harmattan, se consacre à une œuvre à part dans la filmographie de Joseph Morder. Cette fois, plus question d’un journal intime, mais d’un portrait de la réalisatrice belge Mara Pigeon, que le vidéaste a rencontré en 1978 lors d’un festival à Namur. A ce jour, c’est le seul tournage de Joseph Morder consacré à un autre metteur en scène. Histoire tragique et cocasse à la fois, tous les rushes d’une première mise en images ont été perdus ou volés, ce qui n’a pas découragé les deux artistes.

En novembre 2002, tout était prêt pour un nouveau montage, avec des séquences inédites. Cette version de La Châtelaine de la place est donc une deuxième mouture, totalement différente de ce qu’aurait pu être la version originale.

Les documents de Joseph Morder sont très riches. Sur la forme d’abord, ils cumulent les formats, les modes de prise de son. Côté structure, les inserts de films plus anciens sont fréquents. Ici, Journal filmé (de l’auteur) et The Never Never Tour (de Mara Piegon, 1987). Côté style, des phases d’interviews face caméras alternent avec des scènes du quotidien de la documentariste, prises dans sa maison ou sur la place du Châtelain, à Bruxelles.

Comme souvent aussi, Joseph Morder aime les mises en abîme, les effets miroirs. Ainsi, ce portrait de Mara Pigeon est aussi l’occasion de dresser celui du vidéaste. Mara Pigeon l’interpelle, on entend les questions de Joseph Morder, tous deux discutent parfois à l’image. Nèle, la fille de Mara Piegon, dessine sa mère. Elle est filmée par Joseph Morder qui, lui, nourrit le même objectif mais avec d’autres outils. L’humour est aussi au rendez-vous, lorsque Joseph et Mara s’offrent une séance de relaxation, ou à la fin du documentaire lorsqu’ils dansent place du Châtelain en mimant des volatiles.

La Châtelaine de la place donne aussi du temps aux silences, sans oublier de faire une place à tous les modes d’expression. Mara Pigeon lit l’histoire de Kinkamor, l’homme qui ne voulait pas mourir, extrait de Géants et Gueux de Flandres, dix siècles de mythes et d’histoires par F. Tristan (Balland/France Adel, 1978).

Cette édition comprend en bonus Le Ciel du Havre (2002), lettre filmée impressionniste, réalisée alors que Joseph Morder était invité par le cinéma L’Eden. Une carte blanche que le créateur a utilisée pleinement en tournant quasiment exclusivement sur la ville, le ciel et la mer. Une vision très personnelle, une succession de choix, dont par curiosité on aurait aimé voir les décors hors-champs. Mara Pigeon a composé la musique de ce document.

Dans un second bonus de 24mn, Joseph Morder évoque la genèse de ces œuvres.

FM

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