[dvd :] TRILOGIE PUPPET MASTER

12 Sep
Ed. Artus films

Ed. Artus films

En activité depuis les années 1970, Charles Band s’est imposé dans la décennie suivante comme le plus digne successeur de Roger Corman. Un producteur indépendant capable de s’entourer de jeunes cinéastes prometteurs (Stuart Gordon, David Schmoeller ou encore Renny Harlin) et de monter une quantité record de petites séries B (plus de 260 à ce jour) avec un certain amour de l’art. La saga des Puppet master est, avec les Future cop, une de ses franchises les plus fameuses. Le meilleur qu’avait à offrir un système de production aujourd’hui sur le déclin.

Elle découle, avec un brin d’opportunisme, du succès d’une autre production Charles Band : Dolls de Stuart Gordon, et reprend donc le principe des poupées tueuses.

Le premier film débute durant la seconde guerre mondiale. Poursuivi par les nazis, André Toulon, créateur de marionnettes animées d’une vie propre, se suicide en emportant son secret avec lui. Près de cinquante ans plus tard, un groupe de médiums se retrouve dans l’hôtel désaffecté où Toulon a mis fin à ses jours. Les morts violentes ne se font évidemment pas attendre…

03

Dirigé par David Schmoeller (Tourist trap, et surtout Fou à tuer avec Klaus Kinski), à priori le réalisateur le plus prometteur de la trilogie, le premier opus est curieusement le moins marquant des trois. La faute, peut être, à un certain manque de rythme et à des personnages sans profondeur. Loin d’être un ratage malgré tout, le film se montre d’une belle générosité dans les scènes gore, les trucages et autres situations horrifiques. Il met en outre en place un univers à la fois moderne dans son mélange d’horreur et de comédie, typique de ce qui se faisait en cette fin des années 1980 et respectueux d’une certaine tradition fantastique (résumée par le plan récurant et cormanien en diable de l’hôtel au bord de la falaise). Ici, les vedettes sont avant tout les marionnettes elles-mêmes, contrairement au épisodes suivants qui seront de plus en plus axés sur André Toulon.

L’opus 2 voit donc les marionnettes déterrer et ressusciter leur créateur, dont elles ont besoin pour se maintenir en vie. Toulon, décomposé, la raison aussi morte que ses chairs et recouvert de bandelettes façon homme invisible a, pour cela, besoin de cerveaux humains. La providence aidant, l’hôtel est justement investi par un groupe de chercheurs sur le paranormal.

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Réalisé par le spécialiste du procédé image par image David Allen (les trois films datent d’avant l’envol des images de synthèse et tous les effets visuels y sont artisanaux), ce deuxième épisode est le plus réussi plastiquement (la superbe photographie concourt grandement à l’ambiance rétro qui baigne l’ensemble) et le plus riche en effets spéciaux. Les clins d’œil aux films fantastiques de jadis cohabitent avec un humour qui se fait parfois très noir lorsqu’un gamin insupportable et bientôt grillé à point a la mauvaise idée de vouloir entraîner Torch – la poupée au lance-flammes – dans ses jeux tyranniques.

Le troisième volet, mis en scène par un David DeCoteau qui n’avait pas encore fait son coming out, est en fait une préquelle. L’action se déroule entièrement à Berlin durant la seconde guerre mondiale et André Toulon y est déjà poursuivi par les nazis. Cet épisode, le plus ambitieux d’un strict point de vue cinématographique a par ailleurs la particularité d’humaniser aussi bien Toulon que ses créatures. On apprend que ces dernières renferment chacune l’âme d’une victime des nazis. Toulon, attaqué et trahis de tous les côtés y voit même sa femme mourir sous ses yeux. Il possède ici une dimension tragique loin du simple pantin homicide de l’épisode précédent.

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Malgré ces détours vers le drame et le budget relativement conséquent qui permet une reconstitution d’époque convaincante, on reste dans dans le domaine d’un cinéma bis et réjouissant. L’iconographie nazi est fort bien utilisée et Richard Lynch campe un méchant haïssable à souhait.

Richard Band déclinera par la suite sa franchise à l’envie mais avec de moins en moins de bonheur, la qualité de ses productions prenant malheureusement un sacré coup à partir du milieu des années 1990.

Chacun des films est accompagné d’une intervention de Francis Barbier, du site DevilDead.com, qui revient en détail sur leur genèse et leur production, ainsi que de bandes annonces.

Mathias Ulrich

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