Journal d’un CUTien au FEFFS (saison 6, ép.2)

15 Sep
Bla Bla

Femme au volant…

Selon les dires de Jenny Ulrich, Rewind this, documentaire sur l’avènement de la VHS, serait un film passionnant, que l’on voudrait voir se poursuivre pendant de longues minutes supplémentaires. Ayant débuté le festival la veille d’une manière tout à fait déraisonnable (il y a une plage horaire entre deux chroniques qu’il convient de taire), je n’entame ma journée de samedi qu’à 16 heures. Pour Rewind this, je m’en remets donc à l’avis de ma collaboratrice. 

Graceland, polar philippin tourné à Manille, est présenté dans la section Crossover. C’est une mise en bouche sans heurts pour la longue soirée de projection. Le récit pourrait être passionnant s’il n’était mené avec une désinvolture décourageante.

Sur le papier, l’œuvre était intrigante. A l’écran, ni les enfants morts, ni les mineures prostituées, ni les pères de famille éplorés par leur fille disparue et leur femme alitée ne parviennent à susciter la moindre empathie. En ce sens, et en ce sens uniquement, le film est très inquiétant.

In fear (en photo), à 18h, ne déplace pas les foules. Je suis toutefois enclin à motiver tous les amateurs de film de genre à courir voir ce petit bijou. Un couple (ou pas) roule vers un hôtel introuvable sur la côte irlandaise, sur des routes perdues au cœur de la lande. Ils ne quittent pas le véhicule.

C’est un premier film, une affaire de portière qui claque, d’alarme qui sonne, de phares qui viennent éclairer des épouvantails. In fear est un survival cruel, au casting minimaliste, aux effets mesurés, qui s’appuie brillamment sur son cadre géographique anxiogène. A ce titre, j’irais jusqu’à dire qu’il s’agit du meilleur opus du genre depuis Wolf Creek en 2005.

Le président du jury fait salle comble à 20 heures.  All cheerleaders die, remake du premier film non distribué de Lucky McKee est présenté là pour la première fois en Europe. Le cinéaste annonce d’emblée la couleur. Son nouveau film se veut fun, et diamétralement opposé à son précédent long métrage, le très sérieux The Woman.

Réalisé en duo, ce teenage movie mâtiné de sorcellerie, bien que sexy et gore, me laisse froid. J’ai le sentiment de voir un objet de festival, une récréation de cinéaste. Ce n’est pas au journaliste de chercher à imposer la cohérence d’une filmographie, mais il me semble que j’attendais autre chose d’un cinéaste qui m’a déjà beaucoup impressionné, par son ambition au sein de films prétendument mineurs.

Cheap thrills, projeté à 22 heures, pourrait également être perçu comme un objet récréatif. Mais il a le mérite de quitter les sentiers de la narration classique, de s’engager dans un sous texte social, et de conter finalement une histoire singulière de manière singulière. Ce récit d’un homme en mal de fric qui accepte les paris les plus démentiels pour satisfaire un riche cinglé et sa glaciale épouse semble satisfaire le public du FEFFS. Dans la salle, les cris répondent aux rires nerveux et décomplexés. C’est une séance de minuit avant l’heure. Du coup, je me sens rassasié, et je me dispense d’un nouveau film de zombie (à tort peut-être) en clôture du programme quotidien.

Après deux jours de pause, la chronique reprendra mercredi. 

Greg Lauert

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