Journal d’un CUTien au FEFFS (saison 6, ép.3)

19 Sep
Christine Boutin et François Baroin : mariage de raison ?

Christine Boutin et François Baroin : mariage de raison ?

Un festival, c’est parfois un crève cœur, parce qu’il faut faire des choix. Les films sont toujours plus nombreux, et les rediffusions sont bien sûr limitées.

A 18 heures, je suis donc fortement divisé à l’idée de suivre les conseils de ma consoeur Jenny en allant voir Rewind this, ou d’opter pour la rétrospective et Corruption, véritable rareté diffusée à l’occasion du centenaire de la naissance de Peter Cushing.Et puisque je n’ai pas encore eu l’occasion de parler documentaire dans ma chronique cette année, j’opte pour les fanatiques de la VHS dans la grande salle du Star St Exupéry.

Rewind this, qui retrace donc l’histoire de la VHS de ses premières heures à sa funeste (selon eux) disparition commence effectivement comme un petit bonheur de cinéphile nostalgique. Le problème tient précisément au fait que la nostalgie prend très vite le pas sur le discours. Après une heure de métrage, le film se réduit à quelques anecdotes et aux sanglots d’une troupe de nerds passéistes. Des regrets quant à la manière de consommer le cinéma, on glisse un peu trop vite vers une forme de fétichisme pour le plastique noir et les grosses boiboites.

A 20 heures, et parce que novembre est en avance dans la capitale alsacienne, je renonce à l’idée de voir Retour vers le futur en plein air place de la cathédrale. Deux heures plus tard, Daniel Cohen me filera de sacré remords en me contant le récit des 700 braves qui ont défiés le ciel pour célébrer le chef d’œuvre de Zemeckis.

Personnellement, j’étais bien à l’aise, au chaud, pour une séance rétro de Link, de Richard Franklin, avec Terence Stamp à nuque longue et Elisabeth Chou (Shue, pardon). Pour rebondir sur la première séance du jour, il faut préciser que Link était justement un souvenir de vidéo club, une de ces jaquettes devant laquelle on repasse et s’arrête à un âge où l’on est trop jeune pour ramener le film chez soi.

La copie 35 mm est belle, quoiqu’usée. Elle cassera cinq fois en cours de projection. Etant nettement plus fétichiste de la pellicule que de la VHS, je serais bien mal avisé de m’en plaindre. Cette histoire d’orang –outang tueur tient encore sacrément la route. J’avais toutefois totalement oublié la musique de Jerry Goldsmith, qui parodie allègrement sa partition de Gremlins, dans une œuvre pourtant nettement moins parodique.

A 22 heures, je rejoins le cortège des cinéphiles qui risquent une bronchite avant la fin du festival. De pauvres hères, trempés et glacés par leur fascination du continuum espace temps, s’engouffrent dans une séance de compétition pour découvrir Bad Milo, l’histoire d’un mec qui en chie. C’est un raccourci de merde. Mais c’est un peu le mini pitch du film. Le personnage de Ken Marino a de sérieux problèmes intestinaux et défèque un monstre chaque fois qu’on le contrarie.

Le résultat est moins potache que ce que l’on pourrait imaginer. Il y a de vraies belles scènes dans le film, grâce notamment à Peter Stormare. On pourra regretter qu’il se termine dans un contexte moraliste digne de l’un des pires épisodes de Desperate Housewives (si jamais il y en eut des bons).

La soirée se clôt avec la projection de VHS 2 en séance de minuit. Malgré la fatigue, je reste parce qu’il pleut, que le siège s’avère particulièrement confortable et que, par principe, il y a toujours quelque chose à prendre dans un film à sketchs. L’once d’espoir que je pouvais fonder dans ce projet est ruinée en quelques minutes à peine. Il s’agit sans doute de la pire utilisation jamais faite de la caméra subjective et du found footage.

On pourra sauver le segment de Gareth Evans, prodigieusement gore, outrancier, nerveux, bourrin. J’abandonne au sketch suivant, une histoire d’alien dans laquelle le bruit et la vulgarité sont venus remplacer toute velléité de mise en scène.

Il faut garder un peu de forces pour rendre compte des évènements des prochains jours. Après tout, le festival n’est qu’à mi parcours.

Greg Lauert

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