Journal d’un CUTien au FEFFS (saison 6, ép.5)

21 Sep
Buvons heureux, buvons cachés

Buvons heureux, buvons cachés

Cette année 2013 n’aura pas été celle de la célébration du 35 mm au Festival du film européen du film fantastique de Strasbourg (je vais m’en tenir à l’abréviation FEFFS, à l’avenir).

Je tente un second film (de singe) en rétrospective, et la séance est une nouvelle fois chaotique. La copie de Monkey shines casse cinq fois en cours de projection. C’est une affaire de malchance, qui ne m’empêche pas d’apprécier une œuvre que je voulais depuis longtemps revoir sur grand écran.

Lorsque Romero était président du Festival, il y a deux ans à peine, j’avais publiquement exprimé mon regret quant au fait que seuls ses films de zombies étaient projetés, et que l’on ne pouvait, bien sûr, résumer le cinéaste à ce sous-genre. Il n’a pas été oublié cette année dans la thématique simiesque. On croise les doigts pour une rétro vampirique l’an prochain, qui nous donnerait peut être l’occasion de voir Martin sur grand écran.

Je précise que je ne reviens pas sur le thème du vampire pour clamer à nouveau mon amour pour Kiss of the damned de Xan Cassavetes, découvert en compétition la veille. Je vais me contenter de l’évoquer chaque jour dans ma chronique, et de menacer discrètement les membres du jury croisés dans des couloirs sombres pour qu’il obtienne un prix samedi soir.

Vers 16 heures, légèrement en retard du fait d’interruptions de séance, je me rue dans la grande salle du St Ex pour Big bad wolves, le film israélien en compétition internationale. Et là, je me prends à citer Hubert Bonnisseur de la Bath en disant que « on dit humour juif, humour juif, ca n’a pas l’air très rigolo votre humour ! ».

Parce que Big bad wolves se voudrait loufoque, décalé, sans doute drôle (sinon pourquoi engager le sosie de Steve Carell), autant qu’horrible. Il n’est que profondément gênant, maladroit, complaisant, et de surcroit filmé comme une série télévisé cheap.

Vers 18 heures, je m’offre un intermède dans un café avec mon ordinateur en lieu et place des courts métrages. A voir tant de films, j’ai un peu mauvaise conscience à l’idée de ne pas faire avancer mes projets personnels. Le break est salutaire, et c’est l’esprit reposé que je découvre à 20 heures une véritable curiosité, un premier film français en noir et blanc, évoquant l’univers du catch dans la France des années 50.

Nos héros sont morts ce soir est une œuvre singulière, maniérée et quelque peu artificielle.  Parce qu’il force un peu le trait, surenchérit sans cesse sur son contexte, le film peine à faire exister ses personnages. Il y a une célébration de la gueule de cinéma qui n’est pas forcément compatible avec l’option très narrative que prend le film dans son dernier tiers. Le long métrage a toutefois de la personnalité, et il a le grand mérite de s’appuyer sur des comédiens parmi les plus intéressants du cinéma français contemporain (Ménochet, Martins, Demolon).

Après cette séance atypique, la proposition de 22 heures est une manière de rentrer dans le rang. The Station, de Marvin Kren, est un film de monstre standard, qui peine à masquer son budget dérisoire et lorgne un peu trop vers The Thing. Le résultat s’avère brouillon, dans la mise en scène comme dans l’intention, et sera oublié quelques minutes à peine après le visionnage.

La prochaine chronique se penchera sur le palmarès et bien sûr l’écrasante victoire de Kiss of the damned. Si je me trompe, vous n’aurez droit à aucun mea culpa, cela va de soi.

Greg Lauert

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