[dvd:] LES COLTS DE LA VIOLENCE – Alberto Cardone

15 Oct
Ed. Artus films

Ed. Artus films

Libéré après douze années passées en prison pour un meurtre qu’il n’a pas commis, Johnny rentre au pays. Là, il découvre que son frère Sartana, devenu un redoutable chef de bande, lui a volé sa fiancée, se livre au pillage et a plongé toute la région dans la terreur…

Tourné par Alberto Cardone, un artisan discret du western spaghetti (il en réalisa une demi-douzaine entre 1966 et 1969) dont l’importance au sein du genre va cependant au-delà de l’anecdote, Les colts de la violence se révèle en tout point enthousiasmant.

En premier lieu de par un scénario qui feint d’abord d’être cousu de fil blanc pour dévoiler des aspects de plus en plus torturés au fur et à mesure que progresse l’intrigue. Pour un peu, on se croirait en pleine tragédie grecque ! Duel fratricide, mère manipulatrice et partiale, amours à l’aboutissement impossible, méfiance et individualisme des protagonistes, domination et humiliation des plus faibles… Le film met si peu d’eau dans son vin – chose rare, il ne comporte aucune respiration du côté de la comédie – qu’il aurait pu se prendre les pieds dans le tapis de sa propre solennité.

Heureusement, Cardone multiplie tant les moments d’étrangeté qu’il n’en est rien. De la vieille demeure toute droit sortie d’une bande d’horreur gothique où vit, presque enterrée vive, la mère des frères ennemis au repère de Sartana, installé dans les ruines d’un temple Inca, les éléments concourent à donner à l’ensemble un aspect mortifère et aux confins du fantastique.

03

Les colts de la violence a également une particularité inédite ou presque : celle d’introduire un personnage négatif, en l’occurrence Sartana, qui sera amené par la suite – sous une forme différente, c’est à dire rendu positif et nettement moins névrosé – à devenir le héros de sa propre série de films. La prestation de Gianni Garko, outrancière au possible mais habitée d’une énergie et d’une animalité que peu d’acteurs sont capable de déployer, avait, il est vrai, fait forte impression aussi bien sur les producteurs que sur le public.

Si le film comporte quelques facilités (le revirement incompréhensible de la matriarche, notamment), il n’en reste pas moins une très belle réussite du western transalpin, dont il serait dommage de se priver pour qui souhaite mieux connaître le genre.

Bandes annonces et intervention de Curd Ridel complètent cette belle édition.

Mathias Ulrich

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s