[dvd:] KILLER KID – Leopoldo Savona

25 Oct
Ed. Artus films

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Occupé par un épineux problème de trafic d’armes entre les États-Unis et le Mexique, qui pourrait dégénérer en incident diplomatique, l’armée américaine laisse le terrible Killer Kid, retenu dans ses geôles, prendre la poudre d’escampette. Lors de sa fuite, ce dernier prête main forte à une bande de révolutionnaires mexicains, qui le conduisent bientôt à leur repère…

Comme Il était une fois la révolution de Sergio Leone ou El Chuncho de Damiano Damiani, Killer Kid reprend le thème de l’individu sans réelle conscience politique qui finit par embrasser la cause de la révolution. S’il serait un peu injuste de vouloir comparer le film de Leopoldo Savona aux deux chefs-d’œuvre suscités, il n’en constitue pas moins une très agréable surprise.

Le scénario, tout en jouant sur les archétypes, coups de théâtre et autres situations attendues, parvient en effet à surprendre plus d’une fois par ses qualités d’écriture.

Si on se doute rapidement qu’Anthony Steffen (moins monolithique qu’à son habitude) a des choses à cacher, son personnage, de plus en plus incertain quand aux choix à prendre, conservera tout du long une certaine ambiguïté. C’est également vrai de son antagoniste joué par Fernando Sancho (exubérant, comme toujours), qui peut commettre traîtrises et autres actes irrécupérables tout comme devenir touchant avec la même bonhomie. Les revirements incessants de ces deux personnages, la manière dont ils sont perçus par les autres acteurs de la révolution et interagissent avec eux fait une bonne partie de l’intérêt du film. La révolution (mexicaine ou autre) est finalement avant tout affaire d’hommes et l’homme est inconstant. Alors, on peut lui pardonner beaucoup, pour peu qu’il soit valeureux et sache parfois faire preuve de qualités humaines. C’est surtout cet évitement d’un certain manichéisme qui fait sortir le film du lot… rappelons qu’en cette même année 1967, une soixantaine d’autres westerns étaient tournés en Italie !

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Malgré quelques cafouillages dans la structure, qui emprunte parfois un peu de la confusion des protagonistes, la réalisation de Leopoldo Savona (réalisateur inégal qui fut peu productif) est plutôt à la hauteur, le cinéaste se montrant finalement aussi à l’aise dans les scènes de batailles que dans les moments intimistes.

Au bout du compte, Killer Kid, qui se veut moins politisé et plus strictement divertissant (plus consommable, dira-t-on) que les westerns Zapata cités plus haut, est un film un peu inégal mais séduisant. Intervention de Kurd Ridel et bandes annonces complètent cette édition.

Mathias Ulrich

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