[à l’affiche:] DEUX MERES – Anne Zohra Berrached

24 Nov
Optimale Ed.

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En compétition dans le cadre du 9e festival Augenblick, le premier long métrage d’Anne Zohra Berrached suit le parcours chaotique d’un couple qui cherche à avoir un enfant : si Isabelle est prête à tous les sacrifices pour devenir mère, sa compagne, Katja, trouve difficilement sa place dans cette quête éperdue.

Très habilement structuré, Deux Mères se découpe en plusieurs tableaux, séparés à l’écran par un fond noir. Chaque étape marque un saut dans le temps et illustre un moment critique de la relation entre Isabelle et Katja. En toile de fond, le labyrinthe juridique et médical qui attend, en Allemagne, les couples lesbiens qui veulent devenir parents. Comment accéder à une PMA ? Quel mode d’insémination choisir ? Comment trouver un donneur de sperme, anonyme ou non ? Comment payer les frais ? Tout faire soi-même ou rester dans le giron médico-commercial ? Partir à l’étranger ?

Sabine Wolf et Karina Plachetka

Sabine Wolf et Karina Plachetka

Anne Zohra Berrached s’inscrit dans un réalisme pudique, jamais cru, souvent tendre. Le regard se situe au plus proche des personnages, souvent cadrés serrés. Cette volonté quasi documentaire est renforcée par des plans plus éloignés, pris d’une caméra presque cachée dans le décor (derrière un pilier, un rideau, du fond d’une salle, en témoin). Un parti pris qui force le spectateur à changer de point de vue : tantôt en identification avec le couple, tantôt distancié. Autre particularité, Karina Plachetka (Isabelle) et Sabine Wolf (Katja), sont les deux seules actrices professionnelles. Les autres rôles sont tenus par des protagonistes concernés (médecins, pharmaciens,…)

L’interprétation, qui s’appuie sur un scénario très riche, est vraiment impeccable. En revanche, la caméra flottante en permanence laisse un peu perplexe. Elle a très certainement pour fonction d’accentuer l’effet documentaire. Mais cette analogie de pure forme, que rien n’étaie dans la réalisation, semble un peu artificielle. D’autant plus qu’elle reste toujours esthétique, un doux flottement auquel on finit par s’habituer ou se lasser. L’idée de décadrer les personnages est aussi intéressante, mais là-aussi. Pourquoi ? Trop appuyé, le procédé éloigne du naturel visiblement recherché.

Un peu trop formaliste, Deux Mères a tout de même de solides points forts : sa structure narrative, son scénario et son interprétation. C’est un film sur le désir. Désir d’enfant pour Isabelle et Katja, mais aussi désir de paternité plus ou moins avoué et assumé pour les donneurs que le couple croise, quand ce n’est pas un désir de relation. Autant de situations complexes, personnelles ou sociologiques, brossées intelligemment par Anne Zohra Berrached.

F.M.

Le détail des horaires et des séances sur le site du festival Augenblick.

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