[agitation:] TALEA – Katharina Mückstein

30 Nov
Sophie Stockinger et Nina Proll

Sophie Stockinger et Nina Proll (Talea)

En compétition lors du 9e festival Augenblick qui s’est terminé hier, Talea, premier long métrage de la cinéaste autrichienne Katharina Mückstein a de quoi séduire : une technique maîtrisée, un scénario original, une interprétation toujours juste sur un sujet rarissime à l’écran. Côté palmarès, le jury est le public ont été unanimes cette année pour distinguer le documentaire de David Sieveking Ne m’oublie pas, qui suit le quotidien d’un couple dont la femme est atteinte de la maladie d’Alzheimer. Un film qui a déjà été primé au festival de Locarno 2012 dans le cadre de la Semaine de la critique.Talea se penche sur l’histoire de Jasmin, 14 ans, dont Eva, la mère, vient de sortir de prison. Jasmin, elle vit encore dans une famille d’accueil où elle n’a pas sa place. De son père, elle ne sait rien, et sa mère, qui travaille chez un pépiniériste, hésite à occuper sa place de parent. Les deux écorchées ne se voient quasiment jamais. Un jour de dispute, Jasmin fugue et part retrouver Eva, sans rien lui dire de son coup de sang. Toutes deux partent en week-end à la campagne, loin de tout, dans un hôtel entouré de forêt. Dans cette bulle hors du temps, qui leur permet d’échapper au jugement social, le tandem s’apprivoise réciproquement. Mais ce rapprochement a ses limites : Jasmin se montre un peu jalouse et sa mère rêve de liberté.

Dans ce film où les dialogues sont discrets, on se laisse prendre par une temporalité différente, qui laisse toute sa place aux émotions. Talea n’est pourtant ni un mélo ni une œuvre aux effets faciles. Il est même simplement réaliste, au plus juste des réactions de chacun. Il est techniquement sans faille, sans effets appuyés et chaque outil cinématographique est utilisé à bon escient, crée du sens. Notamment la scène quasi psychédélique de la boîte de nuit, où la caméra danse avec Jasmin dans un ballet onirique. La bande-son, qui reprend des titres commerciaux et qui aligne aussi quelques créations, s’écoute même seule : un mélange rock-pop-éléctro-lounge envoûtant.

Nina Proll (Eva), actrice très connue en Autriche et en Allemagne, forme un duo symbiotique avec Sophie Stockinger (Jasmin) dont c’est la première apparition. Une fable sociale qui fonctionne à certains moments comme un huis clos en pleine nature.

F.M.

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