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[à l’affiche :] SIDEWALK STORIES – Charles Lane

24 Oct
sidewalk stories

Ed. Carlotta

Sidewalk Stories se déroule à New York. Un jeune artiste tente de gagner sa vie en dessinant des portraits sur le trottoir des passants. Il vit de peu et habite dans un immeuble abandonné. Un soir, au détour d’une ruelle, il recueille une petite fille dont le père vient d’être assassiné. Il l’adopte et se démerde pour la nourrir, la vêtir et la loger…

Premier long-métrage de Charles Lane réalisé en 1989, ce dernier n’a pas choisit la facilité : son film est en noir et blanc et il est muet (quasiment). Rendant surtout hommage au Kid de Chaplin, Sidewalk Stories fait aussi écho à la sensibilité et au burlesque de Buster Keaton et à l’esprit vagabond du Permanent Vacation de Jim Jarmusch ou encore du Petit Fugitif de Morris Engel, Ray Ashley et Ruth Orkin. Cela dit, Charles Lane ayant endossé lui-même le rôle du personnage principal, ne cherche pas à singer ses influences que ce soit dans son jeu d’acteur ou sa mise en scène.

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[dvd :] KILLER JOE – William Friedkin

7 Avr
Killer Joe dvd

Pyramide Video

L’année dernière, j’avais loupé quelques films. Dont Killer Joe. Lorsque ce dernier était sorti en salle, j’avais privilégié The Secret de Pascal Laugier (bonne idée) ou encore Wrong de Quentin Dupieux (mauvaise idée). Résultat, parmi mes amis et connaissances, j’étais le seul pékin à ne pas être allé voir le dernier film de Friedkin, tout le monde m’en parlait avec un étrange smile dessiné sur la gueule comme s’ils venaient d’embrasser le cul de Sasha Grey et pratiquement chacune de ces personnes n’a pu s’empêcher de me sortir : « Toi, tu vas sûrement kiffer une scène ! Celle de l’aile de poulet frit ! » Surpris d’avoir une réputation de fanatique du KFC, j’ai attendu le jour hasardeux où le grand manitou derrière Cut a proposé de faire un texte sur le dvd de Killer Joe. Cette histoire d’aile de poulet m’intriguait…

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[dvd :] IRON SKY – Timo Vuorensola

19 Fév
dvd iron sky

Condor Entertainment

Imaginez Timo Vuorensola, finlandais, la trentaine, fan de série B, en train d’échanger des idées de films avec des potes après deux, trois pétards et quelques bières de trop : « Un film avec des bananes tueuses ! Hm, non, c’est nul, ça a déjà été fait… Un film avec des tiques géantes shootées à la marijuana qui attaqueraient Los Angeles ! Hm, trop cher… Un film avec des nazis cachés sur la Lune qui préparent une attaque contre la Terre ! ». Tout être humain sensé dirait après avoir décuvé : « Mais non, quelle idée à la con, que diraient mes parents… », tandis que Timo Vuorensola s’est plutôt dit « Et pourquoi pas ?! », ce qui a donné le film Iron Sky.

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RUDE BOY STORY – Kamir Meridja

9 Déc
Ceci n'est pas un Boys Band.

Les Boys Band, ce n’est plus ce que c’était.

La semaine dernière, le grand manitou derrière cette folie baptisée Cut m’avait proposé d’assister à la projection du film Rude Boy Story, un documentaire sur le groupe reggae français Dub Inc, dans le but d’en rédiger un texte.

Après lui avoir timidement explicité que je n’étais peut-être pas la bonne personne pour cet article parce que je ne connaissais pas du tout le groupe en question et que je connais très mal le reggae – ce n’est pas que je n’aime pas ce style, c’est juste que je n’ai pas encore terminé la discographie de Brian Eno –, je lui ai finalement répondu « oui » en dépit de tout bon sens.

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[dvd :] STARBUCK – Ken Scott

8 Nov

Ed. Diaphana

Le synopsis de Starbuck est surprenant : alors qu’il s’apprête à être père, David Wosniak, éternel adolescent de 42 ans, découvre être le géniteur anonyme de 533 enfants (déjà âgés d’environ 20 ans) déterminés à la retrouver. Et à côté de ça, il a une dette de 80 000 $ envers des dealers.

Starbuck aborde la peur de l’engagement, l’évolution du rôle du père dans notre société et bien sûr les conséquences d’un don de sperme trop prolifique… Ken Scott (qui signe ici son deuxième long-métrage en tant que réalisateur après Les Doigts Croches) et son co-scénariste Martin Petit aiment tellement leur protagoniste qu’il est difficile de ne pas s’attacher à ce personnage de grand gamin ; on a envie de le suivre dans ses galères et on espère pour lui que tout se finira bien. Cela commence comme une qualité, mais évolue comme un défaut : Starbuck, malgré son sujet, ne prend pas trop de risque si ce n’est de posséder quelques élans de dramedy. Starbuck peut se vanter du talent comique de ses acteurs et d’une certaine fraicheur dans sa réalisation, mais pas de son traitement. Malgré quelques séquences demeurant excellentes en termes de jeu et de dialogues, le scénario sombre peu à peu dans la facilité.

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[dvd:] MYSTERE A MEXICO – Robert Wise

7 Sep

Ed. Montparnasse

Après avoir enchainé quelques séries B dans les studios de la RKO et juste avant de signer Nous avons gagné ce soir qui lui ouvrira les portes des grands studios, Robert Wise nous avait offert Mystère à Mexico en 1948. Le film parle d’un inspecteur d’assurances, Steve Hastings, envoyé à Mexico pour retrouver un agent, Glenn Ames, disparu alors qu’il enquêtait sur un mystérieux vol de bijoux. Il suit alors la sœur de Glenn, Victoria, en espérant qu’elle le conduira jusqu’aux bijoux. Mais la belle ne laisse pas Steve indifférent et il tombera rapidement amoureux d’elle…

Situé dans un Mexico à la fois accueillant et inquiétant – mais encore à mille lieux de la représentation chaotique de Luis Buñuel dans Los Olvidados réalisé seulement deux ans plus tard -, Robert Wise nous fait visiter les soirées mondaines, les hôtels de luxe et des immeubles abandonnés qui ont tous un point commun : le danger. Mais ce danger devient presque secondaire tant l’histoire d’amour espiègle entre le personnage joué par le décontracté William Lundigan et celui de la farouche Jacqueline White semble davantage retenir l’attention du cinéaste et, par conséquent, du spectateur.

Les qualités narratives du réalisateur sont bien présentes, ainsi que l’efficacité du montage et de la réalisation, mais il manque un certain équilibre entre légèreté et suspense. Mystère à Mexico commence comme un film à suspense et évolue comme une comédie romantique classique, mais il a le mérite de ne pas s’étaler sur la durée (le film ne faisant que 66 minutes) et de faire sincèrement rire par moments.

Sûrement pas une des œuvres les plus marquantes de l’homme qui fût aux commandes de The Haunting, mais une curiosité à (re)découvrir avec une qualité d’image qui ne dément pas la bonne réputation des éditions Montparnasse.

Rock Brenner

Retour sur… Grizzly Man – Werner Herzog

17 Août

Timothy Treadwell et Amie Huguenard.

Durant treize étés, Timothy Treadwell a vécu seul (ou presque) parmi les grizzlys sauvages à la recherche d’un contact très particulier avec la nature et dans le but de construire un pont entre l’Homme et l’ours. Il était persuadé de comprendre ces bêtes et les percevait comme les plus belles créatures existantes sur Terre. Au cours de ses trois dernières saisons, il a emporté une caméra avec lui et a offert une centaine d’heures d’images inédites de la vie à l’état sauvage, en se mettant en scène quotidiennement et méticuleusement aux cotés des mammifères. Mais, au cours du mois d’octobre 2003, Treadwell et sa compagne Amie Huguenard furent littéralement dévorés par l’objet de leur fascination.

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[à l’affiche :] LA SERVANTE – Kim Ki-Young

15 Août

Cochon !

Perçu comme « le film choc et fondateur du cinéma coréen »*, La servante, datant de 1960, est un de ces films méconnus qui risquaient de terminer aux oubliettes. Heureusement, la Korean Film Archive et la World Cinema Foundation (organisation fondée par Martin Scorsese) l’ont repêché du néant pour lui refaire une petite beauté. Son réalisateur, encore plus méconnu en Europe, a fait des films de 1955 à 1995. C’est un peu le Quentin Tarantino des jeunes cinéastes sud-coréens de l’époque, c’est-à-dire une référence quasi-obligatoire (triste époque que la nôtre). Park Chan-Wook (Old Boy) ou encore Bong Joon-Ho (The Host) en font leur cinéaste favori, et Im Sang-Soo a fait un remake de La servante en 2010 baptisée tout simplement The Housemaid. En bref, une réputation plus qu’intrigante pour nous qui n’avons que très peu ou pas du tout entendu parler du cinéaste ou de son film culte. Martin Scorsese dit : « Le fait que ce film si intensément – voire passionnément – claustrophobe n’est connu en Occident que des plus fervents cinéphiles constitue l’un des grands accidents de l’histoire du cinéma. »*

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