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[dvd :] CASINO JACK – George Hickenlooper

13 Avr

Ed. Aventi

George Hickenlooper restera dans la mémoire des cinéphiles pour la co-réalisation d’Au cœur des ténèbres, making of légendaire d’Apocalypse now. Décédé en 2010, le cinéaste ne pourra pas compter sur son dernier film, Casino Jack, pour glaner un surplus de crédibilité.

Cette histoire d’arnaque et de malversation au cœur du lobbying américain n’a pour seul argument que son casting. La révélation de la cupidité des membres du congrès, de l’hypocrisie des politiciens, et des failles d’un système fondé sur le pouvoir et l’influence sont des axes éculés. Casino Jack, c’est un récit que vous avez déjà vu, entre les mains d’un meilleur cinéaste ou du moins d’un cinéaste moins cynique et véritablement concerné par son sujet. L’histoire, contée en flashbacks, évolue très vite, sans respiration, sans fond, sur un petit ton de caricature désinvolte.

L’intérêt réside donc dans le fait de s’arrêter sur des gueules, des huitièmes couteaux du cinéma américain, des comédiens qui, pour le meilleur ou le pire, se font rares sur nos écrans. Barry Pepper rejoue le yuppie surexcité, comme aux premières heures de la précédente décennie. Kelly Preston propose sa partition de femme (de scientologue ?) aimante et dévouée. Jon Lovitz trimballe un faciès familier et immédiatement sympathique, sorte de zone de confort du spectateur au sein des pires productions du cinéma américain.

Et puis il y a Kevin Spacey, qui entame les débats par un monologue enflammé justifiant son salaire de professionnel de la profession. Ensuite, il baisse d’un ton, offre quelques éclats de voix, et des imitations dignes de son passage chez James Lipton. S’il est supposé porter le film sur ses épaules, Hickenlooper ne lui offre jamais la possibilité de l’engagement et de la passion. Tout cela apparait très débonnaire.

Et à l’entame du générique, on se dit que le fils spirituel de Jack Lemmon mérite mieux que ce type de métrage insipide et vaguement informatif.

Greg Lauert

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[dvd :] D’UN FILM A L’AUTRE – Claude Lelouch

9 Avr

Ed. Filmedia

Pour fêter les 50 ans des Films 13, sa société de production, Claude Lelouch a réalisé un documentaire, un auto-portrait pour être exact. Ca s’appelle D’un film à l’autre et ça balaye 50 ans d’une vie menée grand train et tambour battant.

Dans le dossier presse, ce film-anthologie est présenté comme un best of d’un demi-siècle de cinéma, allant du Propre de l’homme à Ces amours-là, une biographie en images d’un cinéaste aussi admiré que critiqué. Voilà en un paragraphe le lieu le plus commun possible sur la carrière de Lelouch, que lui-même entretient (à mesure qu’il le conteste). Si D’un film à l’autre séduit, c’est parce qu’il assume avec une naïveté confondante l’égo démesuré de son auteur. Si D’un film à l’autre agace, c’est précisément par cet égo démesuré.

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[dvd :] ANGELE ET TONY – Alix Delaporte

4 Juin

Ed. Pyramide

Une femme sortie de prison trouve un emploi auprès d’un pêcheur en bout de course qui lui propose de la loger. Elle se sert de cette fragile stabilité pour tenter de renouer avec son fils, qu’elle n’a pas revu depuis deux ans et qui refuse de lui parler. On aurait pu imaginer un traitement hollywoodien de cette histoire, avec Ashton Kutcher dans le rôle du pêcheur et Jennifer Garner. Ils n’ont rien à faire ensemble, tout les oppose et pourtant finissent par s’apprivoiser. Youpi !
Mais Alix Delaporte n’a pas encore commencé de carrière américaine et préfère livrer une comédie dramatique sensible et touchante sur fond de crise économique. Elle a fait confiance à son actrice fétiche, Clotilde Hesme, déjà présente depuis l’époque des courts métrages de la réalisatrice. Grégory Gadebois (Les Ames grises d’Yves Angelo (2005), Pars vite et revient tard de Régis Wargnier (2007)) campe à la perfection un homme solitaire, taciturne, désabusé, mais qui tente quand même d’y croire, parce que tant qu’il y a de la vie… Lire la suite

[dvd :] LE VILLAGE DES OMBRES – Fouad Benhammou

22 Avr

Ed. Distrib Films

Un groupe de potes veut passer le week-end dans un village appelé Ruiflec, mais arrivé là-bas (en pleine nuit sous une pluie battante), certains disparaissent mystérieusement et les autres vont essayer de les retrouver dans ce village (abandonné, soit dit en passant) cachant une macabre histoire.

Le Village des ombres est une épreuve douloureuse. Pas du tout comme Martyrs pouvait l’être à un autre niveau, ici il s’agit d’une lutte incessante contre le démon de l’inconscient, le grand manitou du sommeil.

Fouad Benhammou est très franc quand il aborde ses influences : ayant toujours affectionné le cinéma fantastique espagnol, avec ce premier long-métrage le réalisateur a voulu en quelque sorte offrir un hommage. Techniquement parlant, nous sommes encore très loin du compte, et l’histoire proposée dans ce village imaginaire dont le choix du nom relève du mystère n’est guère captivante. Avec Le Village des ombres, nous abordons L’Orphelinat du pauvre, L’Echine du Diable des poubelles, Les Autres version couillon, ce qui rappel à quel point le Saint Ange de Pascal Laugier était une tentative grandement sous-estimée. Bien que la réalisation ne soit pas honteuse, elle reste désincarnée et complaisante, presque digne d’un téléfilm qui serait tourné en scope. L’ennui se fait ressentir cruellement de bout en bout, le film devient presque une punition.

Les acteurs, loin d’être mauvais (à part Barbara Goenaga qui prête un peu à sourire), mais handicapés par des dialogues ringards, tentent de donner le meilleur et le plus simple d’eux-mêmes sans parvenir à un résultat réellement convaincant et tirer le spectateur d’un sommeil profond.

Contrairement à ce qui peut être pensé, il est toujours douloureux d’enfoncer un film de genre français et peut-être qu’on en attend parfois trop de la part de jeunes premiers. Mais le résultat n’offre aucune autre option : Le Village des ombres est à ranger dans votre dvdthèque « pourquoi j’ai ça chez moi ? » aux côtés des tentatives les plus médiocres du cinéma de genre français, à placer juste entre Brocéliande et Dante 01.

Le DVD édité par Distrib Films n’est pas trop mal fourni côté bonus : un commentaire audio du réalisateur et du scénariste et le making of de 24 minutes viennent donner la raison de vivre de cette galette car Fouad Benhammou aborde ici les différentes difficultés techniques qu’il a pu rencontrer et parle avec sincérité de ses influences.

Rock Brenner

[dvd :] ONCLE BOONMEE, CELUI QUI SE SOUVIENT… – Apichatpong Weerasethakul

27 Fév

Ed. Pyramide Vidéo

« C’était lent et en plus j’ai rien compris ! », pouvait-on entendre à la fin d’un visionnage d’Oncle Boonmee. Ou encore : « J’ai pas tout compris, mais c’était beau ». Paroles intrigantes ; peut-on apprécier des images sans en comprendre le sens ? Sûrement. L’apprécier à sa juste valeur ? Discutable. Une chose est certaine, les émotions ressenties durant un film comme Oncle Boonmee grignotent notre réflexion sur notre rapport avec le cinéma en raison de certains partis pris de réalisation qui se démarquent des productions « traditionnelles ». Evidemment, le réalisateur Apichatpong Weerasethakul n’est pas le premier à effectuer cela, et, comme souvent avec ces partis pris, l’œuvre en question peut être autant soporifique qu’étonnante.

Inutiles de résumer le film, le titre (Oncle Boonmee, celui qui se souvient de ses vies antérieures) en dit déjà beaucoup, il est l’adaptation plus ou moins libre du livre A Man who can recall his past lives qui raconte l’histoire vraie de cet homme, Boonmee, qui révélait que lorsqu’il entrait en méditation, il pouvait faire revenir ses existences passées. Comme le Boonmee du film, dans ses vies antérieures, il était peut-être un homme, une femme, un animal ou un esprit. Sujet que Weerasethakul avait déjà légèrement abordé au cours d’une séquence de son film Tropical Malady réalisé en 2004.

En faisant ce film, le réalisateur thaïlandais a voulu rendre hommage à l’endroit où il a grandit, près d’une jungle qu’il considérait comme une maison à part entière. D’ailleurs, dans Oncle Boonmee, cette jungle y est montrée avec une affection apparente, on y ressent la quête d’une sensation qui est impossible au réalisateur de retrouver aujourd’hui, la jungle étant devenue un terrain hostile bien plus proche de celle montrée dans l’hypnotisante seconde partie de Tropical Malady que de celle de son dernier film. Weerasethakul aborde les vieilles légendes qui ont bercées son enfance, comme celle des esprits rôdant dans la jungle qui sont ici représentés par de grands singes aux yeux rouges. C’est entre autres avec cette représentation que le film devient étonnant : l’idée du grand singe peut faire sourire, mais sa première apparition suscite une émotion difficile à saisir, le spectateur ressentant un effet de surprise mêlé avec une forme d’inquiétude qui, cependant, n’a rien à voir avec celle ressentie face à un quelconque film fantastique ou d’horreur. Comme si à travers cette image, le réalisateur voulait non seulement nous surprendre, mais aussi nous faire comprendre qu’il n’y a rien à craindre. Et cette volonté est exprimée durant la quasi-totalité du long-métrage.

La sincérité et la simplicité du réalisateur, voulant essentiellement faire appel aux sens du spectateur, et les qualités indéniables de la photographie rend l’expérience séduisante. Le rythme très lent du film a tendance à le rendre parfois difficile à suivre, et arrivé au terme de ce voyage il serait inconcevable et bête de se dire « ouais, j’ai tout compris », voire même de chercher à tout comprendre, parce que sa substantifique moelle est tellement personnelle qu’une quelconque conclusion nous éloignerait encore plus de la vérité. Il est difficile de décortiquer ce que l’on ressent face à un film comme Oncle Boonmee qui est construit comme un « rêve étrange et beau » (dixit Tim Burton) obsédé par le thème de la mémoire.

Edité par Pyramide Vidéo, le dvd d’Oncle Boonmee offre le minimum (qui est largement suffisant ici) en proposant sept scènes coupées, deux bandes annonces, mais aussi un entretien de 16 minutes avec Apichatpong Weerasethakul qui aborde la genèse du film, mais aussi les différentes interrogations que suscite son œuvre. L’autre bonus intéressant est celui du court-métrage Lettre à Oncle Boonmee, prélude au long d’une durée de 18 minutes dans lequel le réalisateur s’adresse à oncle Boonmee pour lui parler de son désir de réaliser un film sur sa vie.

Rock Brenner

[radio :] CUT -106

8 Jan

Cette semaine, après un congé bien mérité, nous voici comme promis de retour, engraissés et plus rondouillards encore… Cette semaine, nous faisons le point non pas sur deux, mais sur TROIS semaines de sorties cinématographiques. Cette semaine, comme d’habitude, nous sommes longs sur les premiers films et puis hop-hop-hop, à la fin il faut expédier les derniers à toute allure ! Cette semaine, la guerre des pitchs fait rage -comme d’hab’ là encore… Bref, cette semaine nous revenons inchangés mais toujours aussi contents de découvrir de beaux films et de pouvoir en discuter ! (PS : Parmi les beaux films, il y a Mystères de Lisbonne dont, au cours de l’émission nous évoquons le prochain passage télé en épisodes : ce sera sur Arte dans moins d’un mois, avis aux amateurs).

Le quattro volte (Michelangelo Frammartino), Mystères de Lisbonne (Raoul Ruiz), Même la pluie (Iciar Bollain), Somewhere (Sofia Coppola), Another year (Mike Leigh), Nos résistances (Romain Cogitore), Les émotifs anonymes (Jean-Pierre Améris), Nous sommes la nuit (Denis Gansel), Love, et autres drogues (Edward Zwick), Sound of noise (Ola Simonsson et Johannes Stjarne Nilsson).

Avec Jenny, FX, Stéphane, Romain.

Tops & flops 2010 (2/2)

2 Jan

Voici la deuxième partie des Tops & Flops 2010, par les membres de la rédaction de CUT (la consigne : 5 tops et 3 flops maximum).

La première tentative de greffe des masses graisseuses est un franc succès.

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Tops & flops 2010 (1/2)

1 Jan

Voici la première partie des Tops & Flops 2010, par les membres de la rédaction de CUT (la consigne : 5 tops et 3 flops maximum). La deuxième partie sera mise en ligne le dimanche 2 janvier.

Toupie or not toupie.

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