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[dvd:] FALLO ! – Tinto Brass

7 Jan
Bac films

Bach films

Clairement estampillé cinéma érotique depuis le milieu des années 1970, Tinto Brass fait partie de ces réalisateurs ambigus dont on ne sait jamais s’il faut se désoler ou s’enthousiasmer des productions. Dans Fallo! (2003), cet ancien de la Cinémathèque française, passionné par Fellini, utilise l’érotisme comme prétexte pour dénoncer les fantasmes machistes de l’homme en société. Comme il le dit lui-même, son film serait plus phallo-critique que phallocratique, en tout cas clairement phallo-centré.

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[cinép(h)age:] : MASTER AND COMMANDER : De l’autre côté du monde (ép. 18/25)

23 Avr

Des romans de Patrick O’Brian.

Un film de Peter Weir (2003)

En plus de vingt romans, l’écrivain britannique Patrick O’Brian (de son vrai nom Richard Patrick Russ (1914-2000)) a captivé ses lecteurs avec les aventures du marin Jack Aubrey et de son ami, chirurgien, ornithologue et agent secret de Sa Majesté, Stephen Maturin. Ses ouvrages, qui mêlent des passages documentaires sur la navigation au XIXe siècle, les batailles navales, la diplomatie européenne et les guerres napoléoniennes a de quoi intéresser un public français qui a toujours sous-estimé son histoire maritime, contrairement aux Britanniques.

Quand le cinéaste australien Peter Weir s’empare des personnages Aubrey et Maturin, il choisit de prendre les meilleur de chaque volume (surtout les cinq premiers). Il campe son action en 1805, au moment où Français et Anglais se coursent sur les mers du monde, dans un jeu de cache-cache planétaire. Les corsaires, payés pour attaquer les navires de commerce, ont le vent en poupe. Tout naturellement, Aubrey, capitaine de La Surprise, un navire de guerre anglais, traque L’Achéron, qui bat pavillon français.

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Les dilettantes (épisode 18/28)

9 Sep

/// Pendant un peu plus d’un an, Guérine Regnaut et Romain Sublon se sont prêtés au jeu de la correspondance cinéphile. Un film, un échange. L’un propose, l’autre répond… é basta!  ///

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Ces films dont on ne vous parle pas (épisode 53)

11 Juil

// LES ASSOCIES – Ridley Scott //

Manifestement, Nico Cage ne sait pas encore quelle coupe demander à son coiffeur.

Jouer un arnaqueur psychotique perclus de troubles obsessionnels du comportement apparait comme un choix logique dans la carrière de Nicolas Cage. Ces dernières années, le neveu de Francis Ford Coppola se tourne vers les options improbables, les personnages outranciers et perruqués. Plus connu en début de parcours pour ses outrances que pour son talent, il avait pourtant convaincu définitivement son audience avec Leaving Las Vegas en 1995. Depuis, il enchaine, paye ses impôts, s’inquiète bien peu de l’avis de la communauté cinéphile sur l’orientation de sa carrière.

Matchstick Men (titre original) devait être une nouvelle débauche. Cage devait jouer les doux dingues pour un esthète du blockbuster, un roi de la surenchère graphique, un compère stakhanoviste aussi peu soucieux que lui de la qualité de sa livraison annuelle. Mais Ridley n’est pas Tony. Le grand Scott peut être grand cinéaste. Il peut même surprendre sur un projet quasi intimiste.

L’arnaqueur, donc, plume les niais avec un collègue agité, jusqu’à ce qu’un psychiatre lui conseille de reprendre contact avec sa fille de 14 ans. La comédie sentimentale ne dure pas. La suite est affaire de poupées russes. Mais la construction mécanique du film de filous n’est qu’accessoire. Ce qui importe, c’est l’application de ces monstres habitués des projets dantesques sur un polar aussi intime.

Ridley Scott s’amuse de son montage abrupt, et sort les filtres pour écraser Los Angeles de cette lumière crue, aveuglante. Les trois comédiens font un travail admirable. Cage, pourtant invité à la surenchère, est d’une admirable justesse. Sam Rockwell confirme un statut de second rôle luxueux. Alison Lohman s’affirme comme une véritable révélation. Jeune adulte à l’heure du tournage, elle apporte une maturité stupéfiante à un rôle ambigu d’adolescente instable. Sa confrontation avec le tumultueux Cage constitue le cœur du film. Elle est une anti Lolita, totalement asexuée, totalement roublarde, qui tend au personnage du père le miroir de ses absences.

Le film ne cède pas à l’angélisme. Il prend un tour cynique, violent, mature. Il confirme la soumission de ces grandes figures du cinéma contemporain à un récit en mode mineur.

Ridley Scott a souvent répété qu’il n’y avait pas de bon film sans une bonne histoire, sans de bons personnages. A l’étude de sa filmographie récente, on peinait à le croire. Les associés a le mérite d’équilibrer un peu ces intentions entre deux insipides foires à la destruction massive.

Greg Lauert

A savoir : Alison Lohman joue une jeune fille de 14 ans. Pourtant, elle a déjà 22 ans au moment du tournage.

LES ASSOCIES de Ridley Scott // 2003 // 116 minutes // 2.35 : 1 // Avec Nicolas Cage, Sam Rockwell, Alison Lohman, Bruce Altman, Bruce McGill

[cinéphilie :] Gérald Hustache-Mathieu

14 Jan

Gérald Hustache-Mathieu (réalisateur d’Avril, déjà avec Sophie Quinton) était à Strasbourg pour présenter son second long métrage, Poupoupidou (sortie le 12 janvier 2011). L’action de ce nouveau film se passe à Mouthe, ville la plus froide de France, où David Rousseau (Jean-Paul Rouve), auteur de polar à succès qui se rêve -stérilement- l’égal de James Ellroy vient toucher un héritage. En quittant la ville, il passe devant la dépouille de Candice Lecoeur (Sophie Quinton) que la police extirpe de la neige. Rousseau se persuade que la starlette locale ne s’est pas suicidée et entreprend une enquête à la manière d’Ellroy, tandis que Candice, morte, l’observe. Poupoupidou est un film d’atmosphère, qui utilise astucieusement le « mythe Marilyn Monroe » et convoque des images qui font tilt chez les cinéphiles. Raison de plus pour soumettre Gérald Hustache-Mathieu à l’exercice de la « cinéphilie » ! Voici ses réactions aux  films suivants.

CERTAINS L’AIMENT CHAUD (Billy Wilder) :

Certains l’aiment chaud, d’autres l’aiment froide… Je les ai revus en fait les films avec Marilyn, et dans celui-là ce qui m’a frappé c’est à quel point ils filment son apparition en cadrant son cul et ses seins. Elle arrive dans la gare –d’ailleurs le plan a été refait un nombre incalculable de fois pour que ce soit vraiment parfait : ils font un travelling, ils font arriver ses seins et ensuite, on filme son cul qui se dandine dans cette petite robe. On voit à quel point l’image de la femme, et de cette actrice, à Hollywood, se résumait à ça. Avec une perruque blonde. C’est ce qui m’a le plus choqué, bizarrement, en revoyant le film. Et juste après, elle monte dans le train et, pareille, elle se penche et là on voit son décolleté… Je ne sais pas, j’ai presque été… C’est marrant, c’est comme si avant je me souvenais de tout le reste du film, de tout ce qui me charmait dans le film, et pour le coup, après avoir lu tous les livres sur Marilyn, d’un seul coup je prenais la mesure de cette espèce d’irrespect d’Hollywood à son égard, au fond. Je crois que c’est ce qui a fait que dans mon film, je voulais dire, et elle le dit Candice d’ailleurs à un moment donné, voilà : « les fans, après, ils veulent ton cul et tes seins et c’est tout ce qui les intéressent ». Et bizarrement, vous voyez, quand vous m’en parlez maintenant, Certains l’aiment chaud, ben peut-être qu’il aurait dû s’appeler Certains l’aiment chaude.

LE DAHLIA NOIR (Brian De Palma) :

Ah ? Moi quand on me dit Le Dahlia Noir je ne pense pas au film, je pense au livre évidemment, et je pense à James Ellroy immédiatement. Cela dit, il y a beaucoup de choses dans le film que j’ai aimé. Ce que j’aime le plus chez De Palma, c’est sa passion pour Alfred Hitchcock. Il y a des gens qui trouvent que c’est un pâle copiste, moi au contraire c’est ce qui m’intéresse les plus chez lui. Je trouve que c’est quelqu’un qui a l’audace, justement, d’aller sur le terrain d’Hitchcock, d’essayer… Voilà, Hitchcock il n’a eu de cesse que de réinventer le cinéma, alors Brian De Palma n’est pas Alfred Hitchcock, mais je trouve que par moments il touche une belle émotion. Ce qui me reste du Dahlia Noir… Oui, je vous dis : à chaque fois je pense à James Ellroy et à ce meurtre qui a hanté toute sa vie, cette noirceur. Cette noirceur dont je suis incapable. Parce que j’ai ce point commun avec David Rousseau, je crois que, tout au fond de moi, ce n’est pas que j’aimerais être James Ellroy, mais j’aimerais pouvoir l’être ne serait-ce qu’une heure. C’est-à-dire que j’aimerais pouvoir faire un film qui aurait la dimension d’un livre d’Ellroy. Et en fait, je suis foncièrement plus léger. Foncièrement moins noir. Je suis envahi de lumière quand j’écris, je suis romantique, comique, et j’ai beaucoup de mal à aller vers la noirceur, à assumer ça, alors que je pense que j’ai aussi cette part-là en moi. Peut-être que c’est ça qui a donné aussi ce personnage de cet auteur qui voudrait être quelqu’un d’autre et qui au fond comprend qu’on ne peut être que soi-même.

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