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Trailer Trash 3.1

1 Mar

Enfer! Les bandes, et ce qu’elles annoncent… Pour le mercredi 3 mars 2010

« There’s nothing wrong with making people laugh »

Nine, de Rob Chicago Pimp Marshall : un film avec des putes.

Ce Trailer Trash s’arrêtait là dans la première version, et j’en étais personnellement satisfaite. Mais le rédacteur en chef (à la porte duquel je venais gratter en le suppliant de me reprendre) a posé des conditions. Je développe donc : Nine, un musical avec une ronde infinie de jeunes femmes délicieuses – quelques actrices, et les doublures anonymes de leurs zones érogènes. Mastroianni dépose une plainte pour profanation de sépulture et body-snatching indélicat ; Fellini préférait Daniel My Left Foot Day-Lewis lorsqu’il jouait avec son pied, plutôt que comme son pied. Même feu Heath The Dark Knight Ledger se sent lésé, et peut-être n’est-il pas entièrement paranoïaque, car cette bande-annonce se clôt tout de même sur Judi 007 Dench disant (en voix-off, car elle ne passerait pas inaperçue dans la jolie farandole de furets dénudés) : « Why must it be so serious, etc etc. ? » Vous l’aurez compris, je ne porte pas Rob Marshall dans mon cœur. Mais soyons honnêtes : il réussit bien à rendre l’ambiance de l’Hollywood d’antan – lorsque même les meilleures comédiennes du moment étaient avant tout considérées, en somme, comme des putes. (Non que je range à mon palmarès personnel la ravissante Kate Fashion Maman Hudson, ni même… mais brisons là).

Précisons que la note d’agressivité si peu caractéristique de cette rubrique (pour ceux d’entre vous qui s’en souviennent encore) est due à l’amertume de voir d’autres réussir là où j’échoue. Puisque je travaille depuis des mois, autant l’admettre, à l’adaptation en musical de Démineurs.

Passons à Daybreakers, tout droit sorti de mes fantasmes les plus inavouables. Ethan Croc-Blanc Hawke ; des vampires. Malheureusement, ce opus grand-guignolesque promet d’être davantage du côté de Je suis une légende que de celui de Martin, et on peut d’ores et déjà présager le pire – un croisement contre-nature entre Matrix, Blade et Le Cercle des Poètes Disparus, par exemple. Mais les perversions ont ceci d’odieux qu’elles sont incontrôlables, tyranniques et vertigineuses, et qu’on en est entièrement victime. Vous et moi, on ne se connaissait pas avant la sortie de 30 Jours de Nuit, une saleté que je croyais jusqu’à récemment inégalable. Josh The Virgin Suicides Hartnett n’avait laissé de moi qu’une coquille vide. Sans doute faudra-t-il me séquestrer quelque temps afin de me sauver de moi-même.

Le reste du 3 mars : The Ghost-Writer : oui. Malgré l’affolante apparition de Ewan McGregor dans I Love You François Morice (ah non, ça c’est mon libraire, je confonds), qui reste imprimée sur ma rétine comme une image fantôme et risque de tout faire foirer. Thelma, Louise et Chantal : non. Franchement, non. Ne nous laissons pas abuser par la spiritualité superficielle, ou l’abus référentiel, ou le parasitisme assumé de ce titre. Soyons fermes. Dans une quinzaine de jours Romain Le Péril Jeune Duris se prendra pour Patrick Ghost Swayze, on aura bien assez à faire sans avoir à se préoccuper d’une possible invasion de nos écrans par, disons, Pat Garrett, Billy the Kid et Jean-Robert. Precious : peut-être le film qu’aurait fait Rob Nine Marshall s’il avait un semblant de tenue. Ce qui ne présage en rien de la qualité de l’œuvre, soyons clairs. La Stratégie du Choc : pourquoi pas ? ou alors, pourquoi ne pas lire le livre ? Il est vrai que l’analphabétisme est un fléau parfois sous-estimé. Crazy Heart : The Big Lebowski, le consigliere, la country – ça ne pourra pas être pire que Walk The Line.

En conclusion, restez plutôt au bar avec Le Chanteur de Gospel de Harry Crews (Folio Policier). Il y a des freaks, il y a des geeks, il y a un pic à glace. Stay Bad.

Jakuts

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Trailer Trash 9.2

8 Sep

Enfer ! Les bandes, et ce qu’elles annoncent…

«We’re on the right trail. Flies and the undead go together like bullets and guns.»

near dark trailer trash

Une vie d’aventurière, avec plein d’amants aux quatre coins du monde – ce n’est malheureusement pas la raison de ma longue éclipse mais une citation des Regrets de la semaine dernière, film poignant sur la difficulté de vivre dans des conditions abjectes, tout en gardant sa dignité face à la maladie et au dénuement. A l’instar de Valeria Bruni-Tedeschi, c’est bien simple, Je déteste cette situation.

Jetons un voile pudique sur ma longue disparition. Trailer Trash fait sa rentrée : en plus de mes amis possédés et de mes grands-parents imaginaires, je m’adjoins cette année les services de deux complices du sanatorium où j’ai passé les derniers mois, coupée du monde et vêtue exclusivement de coton blanc bio. Nous appellerons ces nouveaux venus François (contrairement aux apparences, François est une charmante jeune femme de Los Angeles) et Feralito (Feralito est new-yorkais mais, sur son passeport, il a tout à fait l’air d’un Goth du Nouveau-Mexique).

Cette semaine, François et Feralito se réjouissent chaleureusement de l’arrivée en Europe de l’une des réussites de leur industrie cinématographique : Ultimate Fighting – pardon, Ultimate Game (de son vrai nom, Gamer – pourquoi avoir trahi la retenue et la sobriété du titre original ? Le mystère reste entier). Moi-même, je bats des mains : sont réunis dans le même film Michael Six Feet Under C. Hall (magnifique personnage de frère sensible et torturé qui souhaiterait reprendre ses études et fonder une famille avec son compagnon) et Gerard P.S. I Love You Butler – le mari mort qui envoyait d’outre-tombe des lettres pleines de bon sens, d’espoir et de tendresse à sa jeune veuve Hilary Swank. J’entends les mauvaises langues prétendre que je fais tout pour leur gâcher leur plaisir testostéroné. Evidemment, vous aurez reconnu, dans le rôle du pervers sadique qui vit pour jouer, Dexter (qui a son air intransigeant, et n’a pas daigné changer d’habits pour passer au grand écran – il porte toujours le t-shirt moulant qu’il met pour avoir l’air sexy en débitant des repris de justice). Dans les bottes du gentil rustaud qui joue pour survivre, nous retrouvons avec bonheur Léonidas – l’homme en slip rouge auquel on doit les trois meilleures répliques de la décennie (« This – Is – Sparta ! »/ « This is where we fight – this is where they die »/ et bien sûr, l’inégalable « Spartans, tonight we dine in hell »). Ajoutez-y un vague clone de Zac Efron dans le rôle du jeune âne, ainsi qu’une sorte de danse poisseuse et ralentie (genre tektonik sous morphine), qui doit être l’avenir du jeu vide, et vous comprendrez mon enthousiasme.

François, Feralito et moi nous félicitons également de la sortie prochaine de Ma vie pour la tienne. François parce qu’elle espère de tout cœur que Abigail Little Miss Sunshine Breslin fera un numéro de pole dance en se demandant s’il faut donner un rein à sa sœur ; Feralito parce qu’il n’a jamais cessé de croire en Jason Speed 2 Patric depuis Lost Boys, son film de vampires préféré (il n’a pas vu Near Dark). Pour ma part, j’avoue toujours confondre les frères Baldwin. A chaque fois, je suis bouleversée à l’idée de revoir celui qui jouait dans l’Equipée du Poney Express, mais las ! ce n’est jamais lui.

Pensées spéciales cette semaine : Yoarim, Trailer Trash ne serait rien sans toi : il faut que le monde sache. Merci à Jacques Rivette pour 36 vues du Pic St Loup – la dernière fois que j’ai vu un cirque à l’écran, c’était dans l’abominable bande-annonce de Magique ! avec Cali et Marie Gillain – les minutes où tout à basculé. Si Jane Birkin et Sergio Castellitto pouvaient effacer cette atrocité de ma mémoire, je leur en serais à jamais reconnaissante. Enfin, on notera la sortie imminente de Goodbye Solo. Ma pudeur légendaire m’interdit de parler des bandes-annonces les plus émouvantes. Je m’efforce pourtant d’y remédier, d’autant que le film a l’air bien – ou du moins bien mieux que Miss Daisy et son chauffeur.

Ça y est, François et Feralito poussent des cris d’indignation. Ils menacent de me tousser dessus – je rends les armes. A bientôt.

Jakuts

TRAILER TRASH 4.4

21 Avr

Enfer ! Les bandes, et ce qu’elles annoncent…

« The wilderness of Cameraland thickens »

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Robert S., mon grand-père imaginaire, avait des sentiments mitigés vis-à-vis du cinéma. Il y allait beaucoup, pourtant, et sans discrimination. C’est de lui que ma mère tient son amour de Godard et Resnais, et c’est de lui que vient le mien pour Marker, la Hammer, L’étrange créature du lagon et autres productions Grindhouse et/ou souterraines. Papy disait en somme que le cinéma créait des mondes. Le problème étant que ces mondes se dégradaient dans sa mémoire, ne laissant qu’une sédimentation d’images, de clichés, de décors, de mauvaises répliques fleurissant sur les restes enfouis de quelques bonnes séquences. C’était une espèce de géologie cinématographique : une variante du « rien ne se perd ». Il discutait souvent de la question avec ses amis, des artistes comme lui, au Chateau Marmon sur Sunset Boulevard. C’était vers 1971 et Lindsay Lohan n’avait pas encore emménagé sur place. D’ailleurs elle n’était même pas née.

Il faut écouter ses grands-parents d’élection, car on ne les a pas choisis pour rien. Cette semaine, nous courons tous le risque de nous polluer l’inconscient avec des images psychiquement non biodégradables. En effet, l’imberbe insupportable Zac High School Musical Efron arrive sur les écrans. De peur qu’il ne revienne vous hanter dans plusieurs décennies, sans avoir été invité (un peu comme, me dit-on, Marlon Brando dans les flashs d’acide de Dennis Hopper), il vous faudra suivre les mesures de précaution suivantes : si vous croisez un cinéma, changez de trottoir. N’allumez pas votre téléviseur. Surtout, n’attendez pas de bus – il est partout. Et il a 17 ans – encore. Pour joindre l’insulte à l’offense on nous y a adjoint Chandler, horizon d’attente bouffi pour tous ceux qui n’auront jamais plus « encore 17 ans » mais qui, un jour, risquent bien d’en avoir 37. En somme, une calamité. Louez plutôt, je ne sais pas, Freaky Friday avec Li Le retour de la coccinelle Lo et la dame du poisson nommé Wanda (celle qui couche plus vite que son ombre dans The Fog de Carpenter). Ce sera sans doute tout aussi insupportable mais au moins elles auront, elles, des raisons génétiques d’être aussi lisses.

Continuons : Lorant Deutsch se perd sur un site néanderthalien. Lui et ses amis sont les victimes d’étranges prédateurs. D’après Humains, l’homme a toujours cherché à savoir s’il était seul dans l’univers (…) mais nous sommes-nous posés la bonne question : sommes nous les seuls êtres humains sur terre ? Et vous, serez-vous le seul homo sapiens dans la salle ? Je tremble d’impatience.

De Coco avant Chanel je ne peux rien dire, c’est la chasse gardée des présentateurs de journaux télévisés.

Par contre, il m’est permis de mentionner Jerichow, la bande annonce la plus intrigante de la semaine : des gens dansent sur la plage, marchent sur une falaise, et personne ne tient la main du spectateur. C’est peut-être risqué mais surtout très rafraîchissant.

Sinon, encore un remake d’un film de Wes Craven. Ces dernières années, les producteurs se sont dirigés à petits pas prudents vers le point sombre de sa filmographie, l’infernal et sadique Dernière maison sur la gauche. Personne (sauf Mark Kermode) ne semble avoir compris que ces films intolérables étaient intéressants à leur époque parce qu’ils étaient transgressifs. Le sont-ils encore aujourd’hui ? À vous de trancher. Personnellement je vais plutôt revoir La Source de Bergman. Ne vous avisez pas de me traiter de snob : c’est exactement le même scénario (si j’avais  re-17 ans je dirais pitch).

Le secret de Lily Owens prétend nous apprendre la vérité sur l’espoir, l’amitié, la famille, et ce, dans une grande maison rose (quelque part, j’imagine, dans le Sud des Etats-Unis). C’est à frémir. Et par pitié, que quelqu’un donne des hormones de croissance à Dakota Push Fanning. Ou au moins un biscuit. Elle commence à me faire peur.

Pour finir sur une note moins pessimiste, j’irai voir Les 16 de Basse-Pointe, un documentaire sur ce qui est considéré comme le premier procès du colonialisme aux Antilles, et Still Walking, parce que je suis encore sensible à la beauté et que, contrairement aux rumeurs, je n’ai pas un cœur de pierre.

Sur ce, je retourne à mon grand-père imaginaire, que je remercie pour tout : ses œuvres, ses écrits, son intelligence et la citation en exergue cette semaine.

Jakuts

TRAILER TRASH 4.3

14 Avr

Enfer ! Les bandes, et ce qu’elles annoncent…

« What a lovely way to burn »

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Mille excuses, amis lecteurs, pas de T.T. digne de ce nom cette semaine. Pourquoi ? demanderont certains. Parce que, répondrai-je, à l’heure tardive où j’écris d’habitude mes lignes, dans la pénombre de mon cabinet d’étude, j’attendais le rédacteur en chef de cette même revue, qui a la méchante habitude d’avoir des horaires invraisemblables. Etant une hôtesse irréprochable, je ne peux pas tout faire, j’en suis bien désolée.

Un mot tout de même : cette semaine, j’irais volontiers voir Tommy Lee Jones tâtonner dans une brume électrique (la Louisiane, nous le savons tous, est télégénique, et Tavernier fort doué). Et surtout, surtout, Adoration d’Atom Egoyan. Car je brûle de savoir si le père du joli petit est un assassin, si sa mère est une victime, son grand-père un monstre et son oncle un lâche.

Mais si j’avais de fantastiques habiletés, je renverserais le cours du temps et je ferais sortir cette semaine Near Dark, aka Aux Frontières de l’Aube (Kathryn Bigelow, 1987), remarquable film de vampires poisseux du Midwest. L’une des plus belles scènes de fusillade (westerns compris). Le plus beau rôle de Bill Paxton à n’en pas douter, et le meilleur sale gosse/vampire de l’histoire du cinéma.

Dans la bande-annonce, j’inclurais le dialogue suivant :
« – You have any idea what it’s like to be a big man on the inside and have a small body on the outside ?
– You have any idea what it’s like to hear about it every night ? »
Ma bande-annonce finirait sur cette réplique culte :
« It ain’t what’s going on, son, it’s what’s coming off. Your face. Clean off. »
Rictus ; sang ; fondu au noir.

Dire qu’on nous en ourdit un remake ! S’il fallait une seule raison de maudire ce projet : les préadolescents sanguinaires ne fumeront plus jamais de Marlboros à l’écran, c’est une chose que nous avons perdue à jamais. Alors franchement, si on ne peut plus voir de tête à claques de onze ans fumer, boire du whisky, jouer au poker et insulter les femmes (le tout barbouillé de sang) – à quoi bon ?

Si seulement j’avais ce genre de facultés ! Near Dark sortirait ce mercredi, et tous les cinéphiles blasés se rueraient dans les salles. Certains passeraient la nuit devant leur cinéma préféré, de peur d’être mal placés. Mais comme chacun le sait, mon super-pouvoir à moi, c’est la force d’inertie.

A la semaine prochaine. Je parlerai sans doute de cet ami de cœur, qui s’est mis en tête de danser comme Christopher Walken dans The King of New York.

Jakuts

TRAILER TRASH 4.2

6 Avr

Enfer ! Les bandes, et ce qu’elles annoncent.

« I don’t suppose it’s sacrilege to say the wine at St Vincent’s is putrid »

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Cette semaine, je suis sans voix. Pour être sincère, je pensais prétendre avoir été séquestrée par Nicolas Cage me réclamant des comptes ; j’avais prévu de vous faire croire que Dennis Quaid grattait à la porte, assoiffé de justice. Ou que Clint et moi étions partis sur la route, craquant des allumettes sur nos étoiles de sheriff. One Love, serait-il gravé sur la mienne.

On m’a fait comprendre que cette chronique ne devait pas devenir le prétexte à mes épanchements mythomanes. Dans tes rêves, m’a-t-on dit sans plus de manières. Dans mes rêves, il y aurait des films prometteurs cette semaine. Au lieu de quoi, je dois m’atteler à la tâche de persifler sur des sorties peu engageantes. Commençons par un road movie de paupérisation, Wendy et Lucy. L’une est une jeune femme sans repères, l’autre un chien fidèle. Je ne suis pas certaine de savoir qui est qui ; Michelle Brokeback Mountain Williams est brune et vole dans les magasins, ce qui est mal, mais parfois compréhensible. Vous apprendrez comment retrouver un animal domestique à l’aide de trois fois rien : une veste et un peu de bons sentiments. J’ignore si quelqu’un arrivera en Alaska. Tout le monde semble vouloir aller dans le Grand Froid, à l’instar d’Emile « Into The Wild » Hirsh (rappelons que cette âme indépendante tenait l’affiche de Girl Next Door — sa voisine, non contente d’être la fille de Jack Bauer, était une actrice porno rayonnante).

Même Paul « Fast & Furious » Walker est apparu dans Antarctica, une production Buena Vista où il devait avoir été choisi en raison de son visage d’ange et de son regard d’acier, qui ne déparait en rien celui des chiens de traîneau husky — les vrais héros du film, me plais-je à croire. Ces yeux bleus si peu expressifs étaient également assortis au clair lagon d’une sombre idiotie dont le titre m’échappe, mais qui avait pour stars véritables certaines parties de Jessica Alba. Paul Walker revient donc, en éternel jeune premier. Il est impossible, dans un premier temps, de mettre un nom sur son visage – ou un visage sur son nom. Sans la série Fast & Furious, Paul Walker serait sans doute pompiste au fin fond du Milwaukee, et la communauté féminine de sa petite ville serait ravie. Dans 2 Fast 2 Furious, Vin Diesel avait passé la main, mais Paul s’accrochait. Il ne participa toutefois pas au troisième volet, Tokyo Drift (le tuning l’ayant cédé à l’art subtil du drift) : en 2006, tout de même, il avait mieux à faire. Il était dans Mémoires de nos pères. Evidemment, personne ne s’en souvient. Bref, dans ce nouveau volet, Vin et Paul sont réunis : nouveau modèle, pièces d’origine, ou je ne sais quoi. En toute sincérité, les mots me manquent pour vous parler du sourire éclatant de Michelle Lost Rodriguez, de la conduite sportive de Vin XXX Diesel, du regard de chien de traîneau farouche de Paul Qui ça Walker. Tout cela sera plein de fusils à canon scié, d’explosions, de bien mauvaises répliques et de blondes refaites qui s’embrassent (à moins qu’il ne s’agisse d’une image subliminale). Très fastidieux, en somme. Pour les amateurs de sensations fortes, de sports extrêmes et de déhanchements travaillés, je recommande le trop méconnu Roller Bounce (2006). Le petit rappeur Bow Wow y relève un grand défi : la chorégraphie sur patins à roulettes. Il y a sans doute autant de dérapages contrôlés, et la musique est meilleure. Naturellement cela se passe au milieu des années 1970, et c’est fait avec tant de candeur qu’on n’est pas loin d’y voir un ou deux téléphones portables.

Malgré le rire forcé de Kathy Misery Bates, Chéri paraît visible, voire appréciable, et pas seulement en raison de l’extrême télégénie de Michelle « Les liaisons dangereuses » Pfeiffer et du non moins joli Rupert Jeune premier inconnu Friend. Stephen Frears adapte ici Colette et les mots d’esprit fusent. La meilleure réplique de la semaine étant sans conteste « Je suis probablement en train de me ridiculiser, mais pourquoi pas — la vie est courte ».

Permettez-moi de jeter un voile pudique sur Villa Amalia ; de toute façon, guère besoin d’être devin, Isabelle Huppert forcera une nouvelle fois l’admiration de la critique. D’Erreur de la banque en votre faveur je ne dirai rien : la comédie hexagonale n’étant pas mon genre de prédilection, je rassemble le peu de forces qu’il me reste pour la sortie prochaine du Missionnaire Bigard.

On notera également cette semaine deux films pour la jeunesse. Le monde merveilleux d’Impy semble être une insulte à l’intelligence enfantine, et a manifestement été produit par des gens qui, non contents de détester en secret les moins de six ans, leur veulent aussi le plus grand mal. D’autre part, les studios Ghibli nous offrent Ponyo sur la falaise, qui sera sans doute magnifique et enchanteur mais dont la bande-annonce, personnellement, m’a donné envie de me pendre avec mes propres cheveux.

Triste semaine en perspective, donc. L’un de mes proches, pour me consoler, m’a donné, sous le manteau, un disque gravé. J’y ai découvert une vidéo d’introduction à l’auscultation pulmonaire. Il me tarde d’en apprendre davantage sur le murmure vésiculaire normal. Un ami m’a conseillé de faire comme si John Huston était un réalisateur de films catastrophe, et m’a envoyé le message suivant : « Je file, je vais voir La nuit de l’iguane. J’adore les films comme L’étrange créature du lac noir, alors j’imagine déjà un iguane géant dévastant tout sur son passage » et, à la sortie : « très belle scène de combat entre Ava Gardner et trois petits iguanes cracheurs de feu ».

Restent, pour clore le panorama, deux documentaires. Dans cette colonne, j’aime prétendre que le monde n’existe pas, mais je me dois d’en dire deux mots. Ne me libérez pas, je m’en charge, consacré au braqueur escapiste Michel Vaujour, paraît tout à fait décent, réfléchi et sympathique. Je me promets d’aller le voir, en antidote à Mesrine, qui a eu un impact déplorable sur ma vie intérieure. Enfin, Nous resterons sur terre, pamphlet environnementaliste servi par les exhortations du Prix Nobel de la Paix 1990. On avait laissé Gorbatchev devant le Mur de Berlin, à l’arrière d’une berline, dans un publicité Louis Vuitton : voyage-t-on pour découvrir le monde ou le changer (ou peut-être s’en moquer cruellement) ? Il revient pour attirer notre attention sur le désastre écologique en cours. Cela a l’air plein de bonnes intentions. Je vous conseille à cette occasion une publicité de décembre 1997, dans laquelle le même Gorby vantait les mérites de Pizza Hut.

Jakuts

TRAILER TRASH 4.1

30 Mar

Enfer ! Les bandes, et ce qu’elles annoncent.

You can take the girl out of the trailer, but you cannot take the trailer out of the girl.

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La semaine qui vient sera pleine de dangers ; les salles de cinéma seront autant de coupe-gorges. La fin du monde n’aura jamais été plus proche. Libre à vous de passer le peu de temps qu’il nous reste devant une sombre série B. Mais j’y reviens.

La bande-annonce de Safari est à regarder avec des lunettes de soleil, et si possible de profil. La bande-annonce de Safari est une sorte de trouée dans la couche d’ozone. Toute exposition directe à ce film semble déconseillée. Certes, je dirais n’importe quoi pour garder mes lunettes noires en intérieur.

De Synecdoche, NY je n’ai rien compris, sinon que Philip Seymour Hoffman semble avoir retrouvé une voix normale. Tout porte donc à croire que Truman Capote est sorti de ce corps, et on se demande si c’est une bonne chose. Ce sera, à ma connaissance, la première fois que l’on verra cet acteur bonhomme doté d’une calvitie partielle. Travaillé par la peur de mourir, il consacrera dix-sept ans à une pièce de théâtre, sans l’ombre d’une fin en vue. Autant que les pervers nostalgiques se fassent une raison tout de suite, Catherine Keener sera moins séduisante que dans Being John Malkovitch. Elle reste formidable – c’est une opinion absolument arbitraire, puisqu’elle n’apparaît que dans un plan, d’une brièveté exemplaire.

La bande promotionnelle de Frost/Nixon a réussi à me plonger dans une parfaite indifférence, et celle de Dragonball Evolution dans une consternation consommée. Toutefois, pour Tricky Dick comme pour San-Goku, ce sera l’heure de vérité.

Cette semaine, je suis surtout frappée par la sur-représentation des fins du monde. Elles seront innombrables, et plus indigentes les unes que les autres.

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TRAILER TRASH 3.4

23 Mar

Enfer ! Les bandes, et ce qu’elles annoncent…

Clive Owen est-il un voleur de corps ?

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Après sept jours de silence et d’introspection, je jette un œil vers le monde du spectacle, déjà éblouie par la lumière du cinématographe. Cette semaine, des films plus intrigants les uns que les autres. (Les amateurs anonymes de Clive Owen peuvent se rendre immédiatement au dernier paragraphe).

La plus belle bande-annonce cette semaine est Je suis de Titov Veles. Elle n’est que charme et chuchotement. Il sera question d’une ville qui ne s’appelle plus que Veles depuis la mort de Tito, de trois sœurs, d’un vœu de silence et d’une usine. Des jeunes femmes vêtues de couleurs vives feront l’avion dans des paysages désolés. C’est beau, retenu et émouvant. La pudeur m’empêche d’en dire davantage; je ne voudrais pas tout souiller avec mon mauvais esprit.

Du Chihuaha de Beverly Hills, je n’ai vu que l’affiche, et c’est déjà bien trop.

Puisqu’une colombe s’envole au ralenti, Les 3 Royaumes est un film de John Woo. Et inversement. Ce film, destiné à une large diffusion, a la singularité d’être annoncé par une bande qui, sans le bruit des lames s’entrechoquant, serait parfaitement muette. Nous apprendrons que, si certains combats font l’histoire, d’autres la changent à jamais. Et inversement ? Peut-être un grand film sur la réversibilité. Quoi qu’il en soit, on y sera belle, on pleurera avec dignité (c’est-à-dire sans la moindre expression faciale), il y aura des sabres splendides et des armées pléthoriques. Des papiers s’envoleront au vent, les combats seront admirablement chorégraphiés et la stratégie militaire, je le prédis, impressionnera par son extrême photogénie. Des flèches enflammées atteindront leur but, technique de harponnage qui a fait ses preuves – voir Kevin Prince des Voleurs Costner.

La Première Etoile est une comédie dont la bande-annonce est, admettons-le, assez drôle, ce qui est de bon augure (je suppose – je n’ai pas vu de comédie hexagonale depuis 1992). J’imagine que le racisme ne passera pas (du moins pas par les lapins des neiges). Les amateurs de tuning seront ravis ; ceux de Michel Jonasz également. On notera la présence d’un faux zombie à la fin, toujours du meilleur effet. La fin de la bande-annonce, pas celle du film. Qui sait de quoi cette dernière sera faite : réconciliations ? Premier amour ? Et, peut-être, première étoile ? Je retiens mon souffle – sincèrement. Quelqu’un qui m’est proche a pleuré devant Rasta Rocket, je crois qu’on va bien rire.

Enfin, Duplicity, mot sans doute plus sexy que son strict équivalent français. Du split-screen, du double jeu, des suites luxueuses, des agents secrets à la retraite. Rassurez-vous, ils n’ont guère plus de trente-cinq ans. Mais aussi des Blackberry©, du pugilat corporatiste (ou de l’usage humoristique du ralenti), des boissons improbables (appletini), des femmes moins belles que Julia Pretty Woman Roberts, un string noir, et Clive The International Owen : délicieux accent, smoking parfait – et la certitude de ne pas ravir l’affiche à sa comparse. C’est simple, l’âge n’a pas de prise sur elle. Et pour célébrer dignement son retour au grand écran, elle montre son petit string. Admettons-le, Daniel Craig aurait été malvenu sur ce plateau. Mais doter Clive Owen d’une chevelure pareille, c’est sans aucun doute soupirer après Pierce Le Pire 007 Brosnan. Renseignements pris, Brosnan est chez Polanski avec Nicholas Cage. Vivement la semaine prochaine, que je puisse commenter les roulements d’yeux et fantaisies capillaires de ce dernier, car force est de constater qu’il se donne vraiment du mal.

Jakuts

TRAILER TRASH 3.3

16 Mar

Enfer ! Les bandes, et ce qu’elles annoncent.

(Les chiens aboient, la caravane passe.)

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Cette semaine, je fais pénitence.
J’ai en effet été injuste envers Rorschach, le Comédien, Kim Basinger et Daniel Craig. Pardon – Clive Owen.
A la semaine prochaine !

Jakuts